
Après deux années où les stars américaines ont brillé par leur absence, le duo de créateurs du festival du cinéma américain de Deauville (Calvados), Lionel Chouchan et André Halimi, opte pour une nouvelle stratégie : inviter de grands noms de l’âge d’or hollywoodien et leur rendre hommage.
En caressant les vedettes dans le sens du poil, les organisateurs espèrent qu’à leur retour aux États-Unis, elles puissent assurer la promotion d’un festival français entièrement dédié à leur cinéma.
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Minnelli, Peck, Pollack
« En 1977, grand millésime, Chouchan et Halimi ont l’idée géniale de réinventer Les Hommages (créés à Cannes dès 1962) qui honoreront les plus grands noms du cinéma américain, toujours aimés en France, mais sur le déclin aux États-Unis. Festival nostalgie disent les gentils, festival Pont-aux-Dames sifflent les méchants.
Premiers retenus : Gregory Peck, Vincente Minnelli, Sydney Pollack. Il y en aura bien d’autres, stars sur le retour ravies de ne pas être harcelées dans les rues dans ce que l’une d’entre elles appellera » une Californie bien élevée » écrit Philippe Couderc en 2012 dans Challenges.
Vincente Minnelli est l’un des premiers à être honoré avec Gregory Peck qui reçoit au passage, des mains de Michel d’Ornano, ministre de la Culture, la cravate de commandeur des Arts et lettres.
Sydney Pollack, retardé par un deuil familial, arrive le jour même de son hommage. Mais Elizabeth Taylor, à qui le festival avait décidé de présenter le plus beau des hommages, annule à la dernière minute sa venue à Deauville.
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Une jolie série d’avant-premières
En parallèle, le festival poursuit sa politique d’avant-premières françaises de films américains attendus. Le public, enthousiaste, reste sous le charme du personnage d’Annie Hall dans le film de Woody Allen, présenté en avant-première.
D’autres films font courir les foules. C’est le cas de Bobby Deerfield, présenté en première mondiale. Salle comble pour la clôture, le 11 septembre, avec l’avant-première française de Star Wars.
Le festival connaît, à cette occasion, sa première grande bousculade. Certains sont prêts à se battre pour entrer. Finalement, tout se passe pour le mieux. Harrison Ford, encore inconnu à l’époque, est arrivé à Deauville par le train, sans être le moins du monde importuné par des hordes de fans.
Grand fidèle du festival auquel il participera de nombreuses fois, c’est la première et la dernière fois que le jeune Han Solo pourra se promener incognito dans les rues de la station balnéaire.

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Anne d’Ornano aux commandes
Anne d’Ornano succède à son mari, Michel, à la mairie de Deauville. « Hollywood s’est trouvé un verger en Normandie », résume-t-elle joliment lors de l’ouverture du festival. Le rêve d’un festival reconnu mondialement devient réalité.
Deux inédits de Martin Scorsese suscitent beaucoup de curiosité. L’underground new-yorkais débarque en force avec Warhol’s Bad, de Jed Johnson, qu’Andy Warhol a produit lui-même et qu’il est venu présenter en personne.
En ville, le dîner organisé au casino par le magazine Play Boy alimente toutes les conversations. Les privilégiés qui y ont assisté parlent avec des trémolos dans la voix des très charmantes Bunnies, dépêchées spécialement de New York, qui faisaient le service en tenue sexy.
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