
Rien n’y fait. Ni les températures estivales, ni l’appel de la plage, ni même l’absence cette année des actrices et acteurs américains − solidaires du mouvement de grève des scénaristes lancé, début mai, outre-Atlantique −, n’ont réussi à détourner les fidèles du Festival du cinéma américain de Deauville. Une fois encore, de 10 heures à 22 heures, le public a rempli les différentes salles de projection dédiées à l’événement. La billetterie a même enregistré 20 % d’augmentation, quinze jours avant le lancement des festivités.
De quoi satisfaire Bruno Barde qui n’aime rien tant que privilégier les films plutôt que le star-système. « La présence en masse du public veut dire qu’on a réussi à créer, en 25 ans, à Deauville, une communauté d’amoureux du cinéma, des spectateurs cinéphiles, curieux de films américains, indépendants et intelligents », souligne le directeur du festival depuis 1995 qui, malgré le désistement des concernés, a tenu à maintenir les hommages prévus à Peter Dinklage, Joseph Gordon-Levitt, Natalie Portman, Jude Law. « Ces hommages ne consistent pas seulement à accueillir ceux que nous honorons, ils s’accompagnent aussi d’une programmation de leurs films. J’aurais trouvé impoli de les annuler ».
L’univers des frères Cohen
Les réalisateurs et réalisatrices, en revanche, avaient fait le déplacement. Vingt-quatre au total dont l’infatigable Jerry Schatzberg, 96 ans, auteur d’une quinzaine de longs métrages parmi lesquels L’Epouvantail (Palme d’or à Cannes en 1973), Panique à Needle Park (1971) et le très beau Portrait d’une enfant déchue (1970). Et puis, les films étaient là, au nombre de 80 dont 14 en compétition officielle (9 étant des premiers longs métrages), retenus parmi les 300 visionnés par Bruno Barde. Une sélection de belle facture dans l’ensemble, dont les propositions les plus abouties ont gagné, sitôt révélées, leur place de favori indétrônable dans le palmarès que chacun se plaît à établir dans son coin, au fil des dix jours de projections.
Une unanimité que le jury conduit par Guillaume Canet, en cette 49e édition du Festival, n’a pas démenti. Lequel a attribué le Grand Prix à LaRoy, premier long métrage de Shane Atkinson, récit rocambolesque d’un mari trompé qui, suite à un quiproquo, se retrouve chargé d’exécuter un homme. La mission croit-il l’aidera à se faire respecter. Seulement, n’est pas un gangster qui veut et notre gars (magnifique John Magaro), pas bien malin, se laissera déborder et doubler de tous côtés. Rien ne se passera évidemment comme prévu pour ce héros de l’à peu près dont le projet rebondit au gré de multiples interventions extérieures. Lesquelles construisent à mesure du film une galerie de personnages dignes de l’univers des frères Cohen. La filiation avec le duo de cinéastes saute aux yeux. Même Amérique des laissés-pour-compte – braves types peu futés qui agissent d’abord et réfléchissent ensuite. Même sens du burlesque mâtiné, ici, d’une pointe de mélancolie. LaRoy a séduit tous azimuts, réalisé un carton plein, engrangeant également le Prix du Public et celui du Jury de la Critique.
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