« La mer nous parle de rêve, de voyage, d’aventure, mais aussi de profondeur et de mystère », sourient Pierre et Gilles. À quelques centaines de mètres de la plage, au cœur des Franciscaines, à Deauville (Calvados), le duo d’artistes, formé d’un photographe et d’un peintre, a levé le voile sur une grande exposition inédite Pierre et Gilles – Mondes Marins.
Une invitation à voguer entre des rêves, des idéaux et des réalités, moins nacrées qu’elles n’y paraissent.
Une œuvre déclenche une histoire
L’histoire entre Pierre et Gilles et les Franciscaines remonte à octobre 2022. À cette époque-là, le lieu culturel inaugure Philomène (Mica Argañaraz), une œuvre du duo, premier don de l’association des amis des Franciscaines. « On est venu visiter ce lieu qui nous a paru unique et étonnant », sourit Gilles.

De ce premier chapitre a découlé l’idée d’écrire une suite en organisant une grande exposition. « On n’a pas fait une rétrospective, mais on est parti sur des thématiques, celles des matelots, de la vie dans les ports, des divinités marines… Tout cela finalement retrace toute leur carrière. Quand on repense à leurs plus anciennes œuvres iconiques, comme la pochette de l’album La Notte, la Notte d’Étienne Daho, la mer a toujours été là », souligne Annie Madet-Vache, directrice du musée.
« La mer porte un imaginaire immense »
Cette exposition nous plonge dans les mondes marins de Pierre et Gilles, photographe et peintre qui, depuis près de 50 ans, jouent avec les codes de l’histoire de l’art, de la mode, du cinéma et de la publicité pour donner naissance à des tableaux mettant en scène des anonymes ou des célébrités comme Étienne Daho, Isabelle Huppert, Sylvie Vartan, Nina Hagen ou encore Tahar Rahim, incarnant de véritables icônes contemporaines. « Stars ou pas stars, pour nous c’est pareil. Ce sont surtout toujours de belles rencontres. C’est un travail d’équipe et d’amitié ». Des rencontres avec des univers qui leur permettent d’imaginer un tableau. « C’est construit sur mesure, comme de la haute couture », s’amuse Pierre. Une fois tirée, la photographie devient l’objet d’un travail de peinture.

Un travail à quatre mains, artisanal, que l’on découvre dans chacune des 70 œuvres exposées aux Franciscaines, dont quatre ont été spécialement créées pour l’exposition deauvillaise.
Des œuvres qui mettent en lumière la thématique de la mer qui les accompagne depuis leurs premiers tableaux. « La mer, ce sont mes origines, rappelle Gilles, natif du Havre, des ancres tatouées sur les bras. Pour moi c’est essentiel, j’ai toujours ce besoin de retourner en bord de mer ». La mer… et tout un imaginaire qui les anime depuis l’enfance. Si Gilles se dit avoir été marqué par « la beauté des uniformes » et la figure du marin joué par Jacques Perrin dans les Demoiselles de Rochefort, Pierre se souvient, lui, avoir toujours aimé dessiner des sirènes. « On m’avait offert un livre-disque de la petite sirène. La mer porte un imaginaire immense ».
Un monde parfois rêvé que l’on retrouve dans cette exposition des Franciscaines, déployant marins et bérets à pompons, scènes portuaires, paysages sous-marins et naufrages.

Des réalités plus sombres
« Chez Pierre et Gilles, il y a une grande lucidité. Au premier regard, on voit les paillettes, ce qui brille. Mais quand on s’attarde un peu, on se rend compte qu’il y a un regard sur le monde qui nous entoure qui est très lucide », commente Annie Madet-Vache, directrice du musée.
Sous les flots de couleurs et de paillettes, chaque tableau raconte une réalité parfois plus sombre qu’elle ne laisse paraître. Un détail, un motif, une larme ou un geste nous renvoient à d’autres réalités. « Par exemple, derrière la beauté des uniformes des marins, on a voulu rappeler qu’ils étaient avant tout des militaires ».

Sur l’un des tableaux, une arme dans les mains d’un marin nous le rappelle. « On sent que le monde a changé, avec la guerre. On le voit particulièrement bien dans l’exposition, quand on passe de nos premiers marins à ceux créés plus récemment ».
L’un des espaces de l’exposition dévoile une série de jeunes hommes semblant endormis sur des galets. Des « naufragés ». « Ces photos datent des années 1980, pour nous c’était une manière de parler de l’épidémie de sida car on a eu beaucoup d’amis très jeunes qui disparaissaient. C’était une période assez terrible pour nous », reconnaissent-ils, de l’émotion dans la voix. Derrière leurs fonds marins brillants et « pop », se dessine aussi une réalité plus grave, celle de la pollution marine. « On a un regard un peu plus sombre parfois, mais on est toujours dans les rêves, insiste le duo. L’art doit d’abord faire rêver, mais en même temps parler, aborder des choses profondes, pour ne pas être un rêve mièvre ».
Jusqu’au 4 janvier, aux Franciscaines, à Deauville. Tarifs : 13 € (plein), 8 € (abonné) ou 5 € (- de 26 ans et solidaire). Gratuit pour les moins de 16 ans.
Suivez toute l’actualité de vos villes et médias favoris en vous inscrivant à Mon Actu.
Cette chronique se veut produite du mieux possible. Vous pouvez utiliser les coordonnées inscrites sur le site web dans l’objectif d’indiquer des précisions sur ce post qui parle du thème « ». Le site deauville-info.com vous soumet de lire ce post autour du thème « ». deauville-info.com est une plateforme numérique qui archive différentes actualités publiées sur le net dont le domaine principal est « ». Consultez notre site deauville-info.com et nos réseaux sociaux dans l’optique d’être au courant des nouvelles publications.