- La comédienne Pamela Anderson est l’invitée d’honneur du 51ᵉ Festival du cinéma américain Deauville.
- Une consécration aussi improbable que fascinante, témoignage d’une carrière pleine de rebondissements.
- De ses débuts dans « Alerte à Malibu » à sa renaissance dans « The Last Showgirl », TF1info vous raconte sa métamorphose.
Il était une fois une « bimbo » qu’on a voulu enfermer dans la carte postale écornée d’une plage californienne, avec son maillot de bain rouge et sa chevelure peroxydée. Tour à tour fantasmée, humiliée, révoltée et aujourd’hui réinventée, Pamela Anderson est à 58 ans l’une des comédiennes les plus en vue du jeune cinéma indépendant américain. Est-ce un petit miracle ? Le fruit d’une incroyable détermination, voire les deux à la fois ? C’est ce parcours unique qui a été récompensé par un prix spécial en ouverture du 51ᵉ Festival de Deauville vendredi soir, avant l’inauguration de sa cabine sur les planches de la station balnéaire ce samedi matin. Retour sur les étapes marquantes d’une métamorphose aussi improbable que fascinante…
La bimbo californienne
En 1988, Pamela Anderson a 21 ans lorsqu’elle apparaît sur l’écran géant du stade de Vancouver durant un match de football américain, vêtue d’un t-shirt d’une célèbre marque de bière qui lui propose de devenir son égérie. Coach de fitness à l’époque, elle débarque quelques mois plus tard à Los Angeles et se retrouve en couverture de la revue érotique Playboy
. Elle devient alors une version Marilyn 2.0, dont les atouts attirent l’attention des producteurs de la série Alerte à Malibu
qui lui confient le rôle de la sauveteuse C. J. Parker, volant la vedette à l’acteur David Hasselhoff. De 1992 à 1997, des millions de téléspectateurs rêvent de se noyer pour être secourus par la naïade au maillot de bain rouge. Une légende est née.
L’actrice ridiculisée
Fasciner le public est une chose. Être crédible aux yeux de la profession en est une autre. En 1997, Pamela mise tout sur Barb Wire
, l’adaptation d’un obscur comic book, pour faire décoller sa carrière. Dans une Amérique futuriste en proie à la dictature, elle incarne Barbara Kopteski, une résistante en cuir moulant qui dirige l’unique bar de la zone libre. Quelque part entre la Barbarella
de Jane Fonda et Brigitte Bardot sur sa Harley Davidson, les gros flingues en plus, la comédienne fait de son mieux pour sauver ce film du naufrage. En vain. Pendant des années, son échec au box-office va poursuivre sa vedette. Le nanar est devenu culte puisqu’ici, à Deauville, on a croisé d’authentiques fans qui rêvaient de se faire dédicacer une photo vintage du film…

La reine du scandale
À l’époque du tournage de
Barb Wire
, Pamela Anderson partage la vie de Tommy Lee, le batteur du groupe de hard rock Mötley Crüe, son premier mari qu’elle a épousé en 1995, 4 jours seulement après leur rencontre. Après la naissance de leurs deux fils, Brandon et Dylan, la love story se transforme en cauchemar. D’abord avec le vol d’une sex tape
tournée à bord d’un bateau durant leur lune de miel, dont la diffusion en ligne va générer l’un des premiers scandales de ce genre. Puis des violences conjugales qui vont précipiter la fin du couple, comme on pourra le découvrir des années plus tard dans la minisérie Pam et Tommy
avec Lily James et Sebastian Stan. Après avoir refait sa vie avec le chanteur Kid Rock, puis l’homme d’affaires Rick Salomon, Pamela devient la cible préférée de la presse tabloïd, ses rêves de gloire presque envolés.

La femme engagée
Après l’éphémère série policière V.I.P.
, au tournant des années 2000, Pamela Anderson entame une traversée du désert qui la voit parodier son image de bimbo peroxydée comme dans Blonde and Blonder
, version rose bonbon de Dumb & Dumber
. Ou encore dans une scène mythique de Borat
où Sacha Baron Cohen la kidnappe au cours d’une séance de dédicaces. Son meilleur rôle, elle le trouve en mettant sa notoriété au profit de grandes causes comme la défense des animaux en devenant l’égérie de l’association PETA, la lutte contre la pornographie ou encore la légalisation du cannabis. Soutien du Green Party au Canada, elle réclame la clémence pour Julian Assange auquel elle rend visite en prison au Royaume-Uni et apporte son soutien au mouvement des Gilets jaunes en France.
La survivante
Durant ses années vaches maigres, Pamela Anderson multiplie les apparitions dans les émissions de téléréalité et les concours en tout genre, de « Celebrity Big Brother » à « Ru Paul’s Drag Race » en passant par « Les Anges » sur NRJ 12 ! Après avoir participé à l’édition américaine, on la retrouve en 2018 au générique de la version française de « Danse avec les stars » sur TF1. Éliminée sans gloire en septième semaine, elle surfe encore sur son image d’icône des années 1990, acceptant de ressusciter C.J. Parker dans la version ciné d’Alerte à Malibu
, jusqu’à la diffusion sur Netflix en 2023 de Pamela Anderson, a love story
. Dans ce documentaire bouleversant, elle raconte l’envers du décor comme jamais, du sexisme de l’industrie hollywoodienne à ses relations toxiques avec des hommes violents.
L’actrice cinéphile
Dans le documentaire, on peut voir Pamela Anderson répéter le rôle de Roxie Hart, dans Chicago
, la célèbre comédie musicale qui marque ses débuts à Broadway, la cinquantaine passée. Une renaissance qui va en partie inspirer le personnage de Shelly Gardner dans The Last Showgirl
, le drame de Roman Coppola qui lui vaut sa première nomination aux Golden Globes l’an dernier. « Je commence à peine ma carrière d’actrice »
, avoue-t-elle alors à TF1Info. Durant la promo, la comédienne en profite pour embrasser la tendance « no make-up » sur les tapis rouges, après avoir joué le jeu de l’hyper glamour jusqu’à l’excès durant près de trois décennies. En novembre dernier, dans une apparition à l’émission en ligne Criterion Closet, elle révèle sa passion pour David Lynch, Jean-Luc Godard, David Lean et Federico Fellini. Qui l’eût cru ?
Et maintenant ?
Si elle vient de tourner dans le remake de The Naked Gun
avec Liam Neeson, c’est vers le cinéma indépendant que s’écrit la suite de sa carrière. Elle vient de tourner coup sur coup avec le réalisateur brésilien Karim Aïnouz et son confrère hongrois Kornel Mundruczó avant de rejoindre le casting du premier film de l’acteur Michael Cera. « Je suis là pour laisser derrière moi un héritage dont ma famille pourra être fière »
, a déclaré la comédienne sur la scène du CID de Deauville. « Je ne suis pas une statistique, j’ai appris à la dure. Je suis une curieuse, une aventurière, une artiste. Je sais ce que ça fait d’être sous-estimée, dévaluée, parfois humiliée. Mais toujours aimée. J’ai appris à faire de mes challenges un fertilisant. J’ai fait naître un nouveau jardin. Et j’ai le sentiment que c’est l’heure de la récolte ».
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