Pamela Anderson à Deauville : «Le cinéma indépendant me permet d’explorer tant de choses, c’est mieux que n’importe quelle thérapie»

Isabelle Huppert fait partie des artistes qu’elle cite volontiers quand on lui demande qui sont ses inspirations, au même titre qu’Ellen Burstyn, à qui elle donne la réplique dans Place to be de Kornél Mundruczó. « J’admire leur capacité à travailler très dur, se mettre à nu et se réinventer. C’est ce à quoi j’aspire. » Une confidence : « Kornél aimerait beaucoup écrire quelque chose de nouveau pour moi. » Preuve, s’il en fallait, que Pamela Anderson est elle-même devenue une source d’inspiration.

« Je me suis regardée comme une spectatrice »

Dans ses mémoires, son documentaire Netflix ou, à nouveau, dans son discours, Pamela Anderson n’a pas peur d’évoquer des sujets intimes et douloureux, sans se départir d’une douce poésie. À Deauville, elle est revenue sur la « bénédiction » et la « malédiction » de « faire partie de la pop culture », la façon dont elle s’est plongée dans ses rôles comme un « mécanisme de survie », ses erreurs, ses doutes. Une remarque à l’attention de ceux qui se trompent encore sur son compte : « Ne confondez pas ma gentillesse avec de la faiblesse, ni mon audace avec de l’amertume. » À l’entendre, sa seule prétention est de « peindre sur une toile vierge », sans renier son passé. « Je savais que j’avais créé une sorte de caricature qui était, à l’époque, très protectrice, nous confie-t-elle. Mais je ne me sentais pas à l’aise. Quand j’ai joué Roxie Hart de Chicago à Broadway [en 2022, ndlr], j’avais accroché une photo de moi à 5 ans sur le miroir de ma loge. J’avais envie de me reconnecter à cette petite personne. »

À l’écran, cette renaissance a commencé cette année avec The Last Showgirl, le troisième long-métrage de Gia Coppola. Pamela Anderson crève l’écran dans la peau de Shelly, doyenne des danseuses du Razzle Dazzle, un cabaret historique de Las Vegas désormais démodé. Les spectateurs se font de plus en plus rares, les shows plus sexys et acrobatiques ont désormais la cote. La revue doit baisser le rideau et Shelly, se réinventer. Comme son interprète : « J’avais très peur mais je devais absolument faire ce film, se souvient-elle. Je me disais même que ce serait peut-être le seul que j’aurais l’occasion de faire, donc je devais me prouver que j’en étais capable. » Elle a passé l’essentiel du tournage dans une bulle de concentration, en immersion dans l’esprit de Shelly. Elle n’a découvert le film monté que lors de son avant-première au festival de Toronto : « J’avais l’impression que c’était moi, et en même temps pas moi. Je me suis regardée comme une spectatrice et c’est justement ce qui m’a fait comprendre que j’avais accompli quelque chose d’inédit pour moi. »

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Contes de fées et lettres de Napoléon

Depuis, l’actrice de 58 ans a tourné avec l’appétit d’une débutante. On l’a vue dans Y a-t-il un flic pour sauver le monde avec Liam Neeson et on la retrouvera bientôt dans le très attendu Rosebush Pruning de Karim Aïnouz. Comme elle l’a mentionné dans son discours deauvillais, elle est aussi en phase de « pré-production » pour un film de Michael Cera, un autre de Rania Attieh et Daniel Garcia et enfin, un long-métrage de Sally Potter. « Je tiens à remercier tous ces réalisateurs pour leur confiance en moi. Je privilégie aujourd’hui un critère essentiel : interpréter des histoires tendres et magnifiques, a-t-elle expliqué sur scène. Je joue des personnages très différents, imparfaits, mais jamais exploités ou superficiels. Ils sont tous porteurs d’espoir à leur manière. » Elle se réjouit aussi de collaborer avec des défenseurs du cinéma indépendant : « Leur vision est unique, ils ne font pas des choix édulcorés ou un peu ennuyeux pour plaire à la masse. Le cinéma indépendant me stimule parce qu’il me permet d’explorer tant de choses, c’est mieux que n’importe quelle thérapie. » À bien y réfléchir, elle aimerait aussi faire « de gros films de studio », à condition qu’ils ne se noient pas dans la masse des contenus en streaming. Si elle s’autorise à rêver sans limite aux personnages qu’elle aimerait incarner, son esprit tend immédiatement vers les incontournables. Elle évoque Jeanne d’Arc, Mademoiselle Julie… Une précision toutefois : « Je suis convaincue que les personnages dits classiques sont une fenêtre sur le monde mais quand j’y pense, je m’imagine plus les jouer dans un cours de théâtre ou dans l’intimité de ma chambre. »

Serait-elle, encore aujourd’hui, traversée par une sorte de syndrome de l’imposteur ? Dans son discours, elle expliquait avoir longtemps gardé secrets son amour pour l’art, la littérature classique et la poésie, comme si elle n’était pas vraiment destinée à les embrasser dans sa propre carrière. « Mon grand-père était finlandais et c’était un conteur dans l’âme, se souvient-elle. Il m’a beaucoup appris sur la mythologie, les contes de fées. Il était mon ange gardien, la personne la plus proche de moi. J’adorais lire les ouvrages de sa bibliothèque. Il y avait tous les classiques, y compris du Shakespeare. Je mémorisais des sonnets et je les lui récitais mais j’étais bien trop timide pour les déclamer en public, même dans le cadre d’une pièce de théâtre à l’école par exemple. Disons que j’avais de l’imagination et j’avais appris à la mobiliser pour devenir une autre personne pour faire face aux choses difficiles qui m’arrivaient. Alors, j’avais l’impression de devoir garder pour moi ces choses qui me faisaient vraiment du bien. » Jusque récemment, personne ne pouvait soupçonner qu’elle regardait tous les films de Godard pendant le tournage de Alerte à Malibu, ou qu’elle a « un peu appris le français en lisant les lettres de Napoléon à Joséphine ».

Caméras et cornichons

Aujourd’hui, Pamela Anderson semble redouter l’inconnu autant qu’elle le recherche : « Pour Queen of the Falls [un de ses prochains films, ndlr], j’étais terrifiée à l’idée de dire oui. Rania Attieh et Daniel Garcia sont connus pour leurs productions musicales, ils sont très créatifs. J’avais peur mais aussi extrêmement envie de découvrir ça. On s’est appelés avec Guy [Pearce] [son partenaire à l’écran, ndlr] et on s’est dit : “On peut le faire !” ». L’anecdote correspond à sa devise du moment : ne penser qu’à aller de l’avant. « Pour tracer son propre chemin, il n’y a pas de recette miracle. D’ailleurs, s’il y en avait une, je ne l’aurais probablement pas suivie. » Elle avoue s’être sentie handicapée par le fait, illusoire, que le grand public pense tout connaître d’elle. Comme si cela pouvait nuire à ses interprétations. « J’ai l’impression qu’aujourd’hui je sème un peu la confusion, plaisante-t-elle. Peut-être assez pour être actrice. »

« Peindre sur une toile vierge », c’est aussi laisser libre cours à ses passions et ses ambitions en dehors des plateaux de tournage : la cuisine végane, la protection des animaux, la co-création d’une marque de soins, Sonsie Skin. Le jardinage, par-dessus tout : « Je saurai rendre ma vie belle quoi qu’il arrive. Il me faut juste quelques cornichons, des graines qui poussent… Si je me sens un peu perdue, je vais dans le jardin. » Elle n’exclut pas non plus l’idée, un jour, d’aller se promener derrière une caméra : « Je pourrais peut-être écrire un scénario et le réaliser. Pour ça, il faut que les gens croient en vous. Il faut des artistes qui voient au-delà des apparences et vous perçoivent, vous, tel que vous êtes. » La nouvelle ère de Pamela Anderson ne fait que commencer.

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