
Dans le cadre de l’événement « Normandes en tête », la Rouennaise Marie Léautey viendra partager son histoire ce vendredi 6 mars 2026, aux Franciscaines, à Deauville (Calvados).
Entre 2019 et 2022, alors qu’elle était directrice financière à Singapour, elle est partie faire le tour du monde en courant, au rythme d’un marathon quotidien. Un parcours inspirant, rappelant que le dépassement de soi se construit avec patience et détermination. Rencontre.
Comment est née l’idée de se lancer dans ce projet fou ?
Ce sont plusieurs facteurs qui se sont croisés. J’étais partie de France très jeune, d’abord pour terminer mes études, puis pour travailler. Donc il faut se dire qu’au moment où l’idée du tour du monde m’est venue, j’avais déjà une vie de nomade depuis près de 20 ans. J’avais déjà vécu dans plusieurs pays, je parlais quatre langues… À ce moment-là, j’étais installée à Singapour. Et ce nomadisme ça n’était pas l’idée de bouger pour bouger, chez moi c’était une vraie quête du monde, de savoir comment ça se passe ailleurs, ce qu’il y a derrière la prochaine colline…
J’avais découvert la course à pied à 26 ans, et j’avais tout juste 40 ans à l’époque. Les deux se sont mis en adéquation et je me suis dit que faire le tour du monde en courant, ça devait être extraordinaire. Je suis allée voir sur internet si d’autres l’avaient fait avant moi, comme ça me paraissait un peu fou, et j’ai découvert que cinq hommes et une femme l’avaient déjà fait. Je me suis donc dit que c’était faisable, et je me suis lancée.
On imagine qu’il a fallu un peu de temps pour se préparer ?
Entre le moment où j’ai eu l’idée et le moment où j’étais sur la ligne de départ, il s’est écoulé deux ans. Je me suis préparée logistiquement, pour savoir comment transporter mon matériel toute seule, quelle route j’allais suivre. Mais aussi physiquement pour voir quel volume je pouvais courir par jour avec plaisir… et recommencer avec le même plaisir le lendemain. Et enfin financièrement : trouver des sponsors quand on est athlète c’est compliqué, alors quand en plus on ne l’est pas…
« Chaque journée était une aventure en elle-même »
En clôturant ce tour du monde en courant, est-ce que vous avez retenu l’exploit sportif ou c’est bien plus ?
Depuis le premier jour de l’après tour du monde, ce qui me manque terriblement, c’est l’intensité folle de chaque journée qui est une aventure en elle-même puisque l’on va d’un point que l’on ne connaît pas à un autre que l’on ne connaît pas, en rencontrant de nouvelles personnes. Je prenais beaucoup de plaisir dans ce marathon quotidien, parce qu’il me servait à me déplacer, donc l’exploit sportif ne m’a pas vraiment manqué, mais l’aventure oui, clairement.
Quand on a vécu une telle aventure, comment on arrive à trouver un autre projet pour continuer à se dépasser ?
Les limites qu’on croit qu’on doit dépasser, ce sont des limites que l’on s’impose soi-même. Donc pour moi ça n’est pas vraiment un dépassement de soi, mais plutôt des barrières que l’on s’est imposées, ou que les autres nous imposent, alors que la femme est aussi endurante et forte que l’homme. Pour ce qui est de l’endurance ou de la volonté, il n’y a pas de limites. On peut aller chercher aussi loin qu’on veut.
Pour l’après tour du monde : j’ai toujours su que cette aventure était un grand coup d’accélérateur dans ma vie de nomade. Je m’étais toujours dit que je continuerai ma quête du monde, mais différemment. Par exemple, je découvre la navigation et le monde sur les mers. Pour moi, c’était important d’aller chercher quelque chose de différent parce que je savais que je ne pourrais jamais répliquer l’énormité d’un tour du monde en courant. Je garde intacte ma curiosité du monde qui m’anime depuis le début de ma vie d’adulte, mais j’y vais différemment. Il y a 1 000 façons de continuer à découvrir le monde.
« Quand on a vécu quelque chose d’aussi beau, il faut le partager »
Le fait d’avoir raconté cette aventure dans un livre, c’était pour vous une manière d’inspirer, de montrer à d’autres que c’est possible ?
Dans le projet d’écriture, il y avait plusieurs choses. Je voulais d’abord rendre justice à l’aventure extraordinaire que j’avais vécue en la posant sur le papier et en essayant de la retranscrire au maximum. On a parfois l’impression que le monde est un endroit dangereux pour une femme seule, j’avais envie de dire que non : moi, seule sur les routes du monde pendant deux ans et demi, je n’ai pas rencontré ça. J’ai rencontré des hommes et des femmes qui m’ont tous accueillie avec une bienveillance folle, je me suis sentie protégée tout le temps, jamais agressée. J’avais aussi envie de le raconter car ça n’est pas un discours que l’on entend beaucoup.
Je voulais que cette histoire soit accessible à plus de gens, inspirer et montrer que si on a l’envie et un corps en bonne santé, on peut le faire… et avec plaisir tant qu’à faire. D’ailleurs, je l’ai vécu très simplement.
Et vous continuer à la raconter aussi, notamment lors des conférences que vous animez…
J’adore en parler car ça continue à donner du sens à ce tour du monde, et c’est la continuation du partage. Je n’ai pas peur du mot « inspiration ». Les femmes sont souvent plus frileuses que les hommes à dire qu’elles sont inspirantes ou qu’elles font des exploits, mais avec le temps je suis plus à l’aise. Quand on a vécu quelque chose d’aussi beau et qui dit beaucoup sur les capacités des femmes, il faut le partager.
Cela permet aux femmes d’avoir des figures qui les inspirent…
Oui ! J’ai grandi dans les années 1980 et j’ai toujours eu un goût pour l’aventure et l’exploration, mais je n’avais que des modèles masculins. Je me souviens d’une femme extraordinaire, Catherine Destivelle, championne du monde d’escalade. Elle était même plus forte que les hommes (rires). Pour moi, elle incarnait un vrai esprit de liberté, je trouvais ça génial. Et je sais que j’ai grandi avec peu de modèles féminins dans les domaines de l’exploration et de l’aventure. Il n’y a pas besoin de s’appeler Mike Horn, que j’aime beaucoup par ailleurs, et d’avoir de gros biscoteaux, pour partir à l’aventure et de faire des choses formidables.
Vendredi 6 mars, aux Franciscaines : table ronde à 10 h 30, avec différentes invitées sur le thème du dépassement de soi puis, à 14 h 30, rencontre avec Marie Léautey sur le thème « Allier créativité et résilience pour accomplir ses exploits personnels ».
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