Le programme des courses de la journée bien en main, Gianni Caggiula s’accorde quelques minutes de pause dans sa journée toujours bien rythmée où tout s’enchaîne très vite. Ce journaliste de 50 ans connaît l’hippodrome de Deauville-La Touques (Calvados) comme sa poche. Depuis 1995, il y couvre, chaque mois d’août, le meeting de Deauville. « Je m’y sens comme à la maison », sourit-il.
Il est 15 h. Le journaliste d’Equidia se prépare aux premières courses de la journée qui débuteront ce jour-là un peu après 16 h, la réunion se déroulant en semi-nocturne. « Aujourd’hui je ne commente pas, je vais présenter la réunion du jour à l’antenne d’Equidia et débriefer les différentes courses », explique-t-il. Stéphane Costes, son complice du petit écran hippique et des champs de courses depuis plus de 20 ans sera aux commentaires.
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Une passion depuis toujours
Les courses, c’est un peu le quotidien de Gianni Caggiula qui passe environ 150 jours par an dans un hippodrome. Un quotidien, mais surtout une vraie passion qui l’anime depuis l’enfance. « Je suis un peu comme Obélix, je suis tombé dedans quand j’étais petit », plaisante-t-il. En grandissant en région parisienne, à proximité des hippodromes de Saint-Cloud, d’Auteuil et Longchamp, Gianni a contracté le virus très jeune, vers l’âge de 6 ans.
J’ai été émerveillé la première fois que j’ai mis un pied sur un hippodrome. Mon père et mon grand-père étaient des turfistes du dimanche et c’est comme ça que je suis entré en contact avec ce milieu, je ne suis pas du tout du sérail.
Après une scolarité classique, Gianni a suivi des études de journalisme. Comme beaucoup, il voulait travailler dans le sport « grand public », le football ou le tennis. « Je me suis dit qu’on allait être beaucoup sur la ligne de départ alors que je me rendais bien compte, quand j’allais sur les hippodromes, qu’il y avait au contraire très peu de jeunes. » Il se lance alors, débutant cette longue aventure à Geny Courses, en 1995. Et c’est la même année qu’il commente son premier Meeting à Deauville. Depuis, il y revient chaque année.
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La culture, le débit et le regard
La voix de Stéphane Costes, commentateur du jour, résonne dans l’hippodrome de la Touques. « Stéphane commente vraiment super bien », sourit son complice. Justement, à quoi reconnait-on un bon commentateur ? « C’est le débit qui est très important, insiste Gianni. Il faut éviter les heu, heu. D’ailleurs, j’en fais un peu plus qu’avant. » Bien commenter, c’est aussi anticiper et ne pas se tromper, notamment à l’arrivée, quand les chevaux arrivent au pas de course. Malgré son expérience, Gianni ne le cache pas : « Il m’est déjà arrivé de me tromper et j’avais tellement honte que je ne suis pas sorti de ma cabine ». Pour éviter les erreurs, il faut donc aiguiser son regard, habituer ses yeux au spectacle et aux détails.

Pour réussir à combiner tout cela, une bonne préparation s’impose car après une course, Gianni n’a que peu de temps pour préparer la prochaine. Depuis ses sept ans, ce passionné note tout, des détails sur les chevaux, les palmarès, les origines… Une habitude qu’il a conservée et qui lui permet, aujourd’hui, d’être une véritable encyclopédie du monde hippique. « J’achète Paris Turf le matin, j’étudie les partants, je note des détails ou des informations pour essayer de dire des choses pertinentes à l’antenne, indique le spécialiste du plat. C’est un travail quotidien, même pendant les vacances, pour rester à la page. »
Le commentateur a quelques petites astuces, comme celle d’entourer le nom des pouliches sur le programme du jour. Des repères visuels qui peuvent l’aider. « Normalement, avant les courses, je gribouille beaucoup sur le programme, là je me retiens pour ne pas passer pour quelqu’un de trop bizarre », plaisante-t-il avant de lister, sur une feuille, les gagnants du Prix de l’Arc de triomphe depuis 1990. « Je fais ça souvent le matin, ça me détend ».
« Un meeting qui compte »
Ce métier l’a mené sur les grands hippodromes français, mais aussi à l’étranger. L’un de ses meilleurs souvenirs d’ailleurs, au côté de Stéphane Costes, c’était la victoire de Domedriver à la Breeders’Cup à Chicago. « Commenter la victoire d’un cheval français à l’étranger, c’était fantastique, se souvient-il. En plus, il était monté par Thierry Thulliez, un jockey qui travaille maintenant avec nous pour Equidia. »
En France, au meeting de Deauville, il aime particulièrement le cadre, les infrastructures ou encore la qualité des courses :
C’est une référence, un carrefour, un meeting qui compte, toutes les caméras sont braquées sur Deauville.
Finalement, plus de 25 ans après, Gianni ne regrette en rien d’avoir choisi de couvrir les courses, plutôt que les matchs de football ou de tennis. « Quand je dis que je suis journaliste, ça attise la curiosité, mais quand je dis que c’est dans les courses, je perds soudainement 40 % d’intérêt, sourit-il avant d’insister : Je ne changerai pour rien au monde. »
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