À Deauville, ils vivent dans un bus près de la gendarmerie et y dealent : trois personnes condamnées

Présentés au tribunal de Lisieux (Calvados) en comparution immédiate le 30 juin dernier, un homme de 34 ans, sa compagne de 27 ans, et un de leurs amis âgé de 33 ans, avaient demandé un délai pour préparer leur défense. Les deux hommes avaient été placés en détention provisoire et la jeune femme sous contrôle judiciaire dans l’attente de leur procès fixé au 29 juillet. celui-ci aura duré 7 heures.

L’enquête avait commencé le 5 mars dernier, suite à l’appel d’une mère de famille dont le fils avait une dette envers son dealer. « Il est armé tout le temps. Il a peur de mourir s’il parle », disait-elle au policiers. Leurs investigations ont permis de localiser le dealer, qui vit avec sa compagne et un ami, dans un bus installé depuis environ 3 ans à Touques, près du magasin de bricolage et de la jardinerie, à quelques encablures de la gendarmerie. Le 23 juin dernier, les policiers de Deauville procèdent à l’interpellation des trois prévenus.

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Un « trafic pluridisciplinaire » en « circuit court »

Une surveillance accrue des lieux, les témoignages de consommateurs désignant l’homme comme étant leur fournisseur régulier et l’exploitation de la téléphonie des trois mises en cause ont permis de démanteler ce point de deal.

Excepté du matériel volé dans les magasins proches, la perquisition du bus et celle de la tente attenante servant de salle de shoot se révéleront infructueuses. Le chien renifleur n’ayant pas marqué devant la boîte de ravioli – censée contenir de la cocaïne, d’après des témoins -, ce dernier sera surnommé « Rantanplan » par l’avocate d’un des prévenus.

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En revanche, la fouille effectuée dans un box de 14 m² loué par la femme à Pont-l’Évêque a permis la découverte de 157 cartouches de cigarettes de contrebande, 2 motos déclarées volées et un lot d’armes, parmi lesquelles un fusil à pompe, une carabine à canons juxtaposés avec leurs munitions ainsi que 2 armes de collection du début du siècle dernier.

L’exploitation de la vidéo surveillance a permis aux policiers de voir des personnes s’introduire dans les magasins puis en ressortir avec du matériel volé. Des objets dont certains étaient échangés contre de la cocaïne. « Du circuit court », raille la magistrate, qui évoque « un trafic pluridisciplinaire ».

La salle de shoot, une « aide thérapeutique » selon le prévenu

De même que lors de sa garde à vue, l’homme de 34 ans met ses deux coprévenus hors de cause. Il assume la totalité des faits qui lui sont reprochés, excepté le trafic de stupéfiant. Il assure avoir uniquement fourni quelques grammes de cocaïne à 3 ou 4 toxicomanes. Une aide « thérapeutique » pour les aider à s’en sortir Ce qui expliquerait la présence d’une salle de shoot attenante au bus.

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« Je pensais bien qu’il y avait anguille sous roche. » Questionné sur l’origine des stupéfiants et du tabac – acheté entre 20 et 30 € la cartouche – et celles des motos, il parle d’un homme rencontré dans un endroit « peu fréquentable » du côté du Havre. « Des gens qui traînent là-bas, souffle-t-il. Il suffit de demander. »

La compagne du principal prévenu et son ami reconnaîtront uniquement avoir vendu des cigarettes à des connaissances. Ils remettaient au « meneur » le bénéfice, compris entre 20 et 40 € par cartouche.

L’homme de 34 ans maintenu en détention

Titulaire d’un casier judiciaire comportant une mention réhabilitée de plein droit, l’homme de 34 ans est condamné à 4 ans de prison dont 2 assortis d’un sursis probatoire pendant 2 ans. Il a l’obligation de travailler et de suivre des soins psychologiques et interdiction de détenir une arme pendant 5 ans.

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Il devra payer, conjointement avec sa compagne, la somme de 13 000 € à l’administration des douanes, 100 € à l’une des victimes et 628 € au gérant de la jardinerie. L’affaire est renvoyée sur intérêt civil afin d’évaluer le montant des préjudices subis par les propriétaires des deux motos. Le tribunal prononce la confiscation des scellés et ordonne son maintien en détention.

L’ami du couple est condamné à 24 mois de prison dont 12 assortis d’un sursis probatoire pendant 2 ans, avec obligation de travail et de soins en lien avec son addiction. Il a interdiction d’entrer en contact avec le couple, de détenir une arme pendant 5 ans et de se présenter dans le Calvados, également pendant 5 ans. Il doit verser 650 € aux douanes. Il effectuera la partie ferme de 12 mois sous bracelet électronique.

La femme de 27 ans est condamnée à 2 ans de prison assortis d’un sursis probatoire avec obligation de travail et de soins psychologiques. Le couple et son ami sont interdits d’entrer en contact.

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