Deauville : des « photographes du dimanche » du bord de mer offrent un Off à Planches contact

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Il y a quelques années déjà, le festival Planches contact proposait à des photographes de participer à un Off. Depuis plusieurs années, la directrice artistique du festival, Laura Serani, et Delphine Barre, ancienne directrice de la communication de la ville, avaient l’envie de faire renaître ce Off pour permettre de présenter d’autres regards sur le territoire de Deauville (Calvados).

C’est désormais chose faite, à l’Hôtel You qui accueille ce Off et quatre regards sur le territoire : Delphine Barre, Jean-François de Love from the beach, Thomas Esnée et Delphine Malleray.

En « résidence permanente »

Si le festival Planches contact donne à voir des expositions de photographes venus quelques semaines « en résidences éphémères » en Normandie, ces quatre photographes du « Off » se considèrent comme « en résidence permanente » en bord de mer.

Dans la vie, ils travaillent dans la communication, l’hôtellerie ou dans le monde des start-up, mais dès qu’ils ont du temps libre, ils partent, appareil en bandoulière ou dans le sac, pour photographier leur territoire deauvillais. Ces quatre « photographes du dimanche » tissent un lien particulier avec ce territoire où ils vivent, travaillent ou séjournent pour quelque temps, construisant un récit photographique « au long cours, cherchant chaque jour comment se poursuit l’histoire ».

Delphine Barre est l'une des photographes qui exposent pour le Off de Planches contact.
Delphine Barre est l’une des photographes qui exposent pour le Off de Planches contact. ©Le Pays d’Auge / M.-M. Remoleur

Passionnée par cette « surprise permanente » qu’offre la photo, Delphine Barre raconte cet attachement pour cette photographie qui prend son temps : « pour moi, c’est une démarche hyper longue de savoir photographier un territoire et j’ai besoin de ce temps-là, très long, pour apprendre à regarder les bâtiments, les angles, la vie ». Ce que confirme Jean-François, photographe derrière le compte Instagram Love from the Beach : « c’est une immersion, apprendre à sentir, s’imprégner. Et tout est tellement changeant ici ». Notamment la lumière de la plage qui est au cœur de leur exposition collective.

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Quatre regards sur des lieux de vie, des personnages... et des bords de mer.
Quatre regards sur des lieux de vie, des personnages… et des bords de mer. ©Photo transmise par les organisateurs.

Quatre regards sur la plage

Découvrir les clichés de ces quatre photographes, c’est s’offrir une plongée dans toutes les nuances du bord de mer deauvillais. Celles des personnages de Delphine Barre qui hantent les plages de la Côte fleurie, notamment celle de Deauville, qu’elle photographie depuis près de 20 ans. « Au-delà des lieux traversés et de ces fabuleux décors, il m’importe d’observer comment nous vivons près de la mer, dans un espace de liberté, nature et incontrôlable. Un monde échappatoire où nous sommes autrement, sans contrainte, débarrassés de toute obligation », commente la photographe qui a passé de longues heures en bord de mer.

Les personnages qui attirent mon œil sont souvent seuls, en dialogue avec la mer, comme rassurés par sa présence. Ils s’abandonnent à l’océan, se reposent, se reprennent avant de repartir. Je lis l’intime dans leur mouvement ou leur immobilité.

Delphine Barre

Les nuances du bord de mer, ce sont aussi « les lignes graphiques et épurées, les cadrages serrés et les jeux de lumière » capturés par Jean-François, alias Love from the Beach, qui s’est mis à la photographie pendant le covid. Des détails et lumières « qui révèlent la beauté parfois cachée de ce qui nous entoure, sans artifice ni mise en scène », souligne le Deauvillais.

Quatre regards sur le bord de mer.
Quatre regards sur le bord de mer. ©Photo transmise par les organisateurs

Avec l’envie de « créer des échappatoires visuelles au cœur des instants les plus ordinaires », Thomas Esnée déploie de son côté dans cette exposition son univers cinématographique qu’il capture habituellement dans la rue. Dans cette série deauvillaise de bord de mer, le jeune photographe « met en lumière une atmosphère cinématographique teintée de mystère ».

Dernière photographe, dernière nuance : Delphine Malleray et ses détails. Que ça soit un reflet, une ombre ou une vibration insolite, elle y voit « le point d’envol du beau ». Elle raconte : « J’ai ressenti le calme des promeneurs sur la plage, l’insouciance des baigneurs, la fragilité des oiseaux, la solitude du pêcheur sur son bateau… eux ne m’ont pas vue, mais moi si ! Sur le moment on retient son souffle et on éprouve une joie presque enfantine d’avoir attrapé la fugacité de cet instant ».

Jusqu’au 5 janvier, à l’Hôtel You, à Deauville.

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