Deauville, sans la mer : quand des Russes fortunés recréent la Côte fleurie près de Moscou

À 16 kilomètres de la capitale russe, dans une clairière bordée de pins, une façade à colombages évoque étrangement la Normandie. C’est Doville. Ou sa version ultra-sélective, privée, sécurisée, recréée de toutes pièces à l’est de Moscou.

Inspirée de Deauville (Calvados) jusqu’au nom, la station, sans la mer, aligne ses villas cossues autour d’un lac artificiel, bordé de planches en bois, clin d’œil direct à la célèbre promenade normande. Plus loin, un grand bâtiment blanc évoque l’ancien casino, reconverti en salle de réceptions.

Maison Doville Russie
On est loin de la Côte fleurie. ©Béatrice AUGIER

Une esthétique copiée à la lettre

Le style anglo-normand y est reproduit avec une minutie presque déroutante : bow-windows, toits d’ardoise, jardins à la française, mobilier sur-mesure… Rien n’a été laissé au hasard. Tout est impeccable, jusqu’aux numéros des maisons, calqués sur ceux des rues de la Côte fleurie.

Certains détails laissent même songeur. « Quand je suis arrivée, j’avais les yeux écarquillés. On se croit dans un endroit qu’on connaît déjà », raconte Béatrice Augier, photographe, après une visite de l’une de ces résidences russes.

Un rêve figé, pensé pour l’élite

Ici, pas de serviette posée sur le sable. La mer est absente, et personne ne s’en étonne. Le but est ailleurs : offrir à une clientèle fortunée une version idéalisée de la France balnéaire.

C’est un décor figé, mais assumé,

Béatrice Augier.

Une utopie verrouillée, où chaque maison possède son garage souterrain, parfois sa piscine intérieure, et un système de sécurité digne d’un quartier d’ambassade.

À lire aussi

Doville, Trouville… et un peu de fantasmes

Dans ces enclaves, tout évoque la France. Et pourtant, ce n’est qu’un décor, à mille kilomètres de la Manche. Trouville, elle aussi, a sa version russe : plus petite, plus intime, mais tout aussi « inspirée ».

Un patrimoine imaginaire, né de l’élégance normande… et de l’absence totale de mer.

Pourquoi ne construit-on plus de villas comme à Deauville ?

À Deauville, comme à Trouville ou Houlgate, les villas balnéaires du XIXe siècle témoignent d’un âge d’or architectural. Chaque maison y était une œuvre unique, riche de détails : colombages, bow-windows, faïences, vitraux, ferronneries…

Aujourd’hui, ces constructions sont devenues rarissimes. Trop complexes à bâtir, trop coûteuses, elles exigent des artisans spécialisés et des délais longs, peu compatibles avec la promotion immobilière contemporaine.

« Ce sont des maisons avec des milliards de détails. Ici, plus personne ne construit ça », observe Béatrice Augier.

En Russie, Doville incarne donc une rareté : un quartier entièrement neuf, pensé comme un hommage obsessionnel à un patrimoine que la France, elle, ne reproduit plus.

Suivez toute l’actualité de vos villes et médias favoris en vous inscrivant à Mon Actu.

Cette chronique se veut produite du mieux possible. Vous pouvez utiliser les coordonnées inscrites sur le site web dans l’objectif d’indiquer des précisions sur ce post qui parle du thème «  ». Le site deauville-info.com vous soumet de lire ce post autour du thème «  ». deauville-info.com est une plateforme numérique qui archive différentes actualités publiées sur le net dont le domaine principal est «  ». Consultez notre site deauville-info.com et nos réseaux sociaux dans l’optique d’être au courant des nouvelles publications.

DEAUVILLE-INFO
Résumé de la politique de confidentialité

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.