« Par le passé, il y a déjà eu beaucoup de livres et d’expositions sur Robert Capa, mais je pense que cette exposition est très spéciale », sourit Andréa Holzherr de l’agence Magnum Photos.
Cette exposition intitulée « Icônes » qui s’est ouverte ce week-end aux Franciscaines, à Deauville (Calvados) fait particulièrement sens. « On a choisi de faire un focus sur Robert Capa, d’abord parce qu’on célèbre cette année le 80e anniversaire du Débarquement, mais aussi parce qu’il est venu photographier un été à Deauville, en 1951, pour le magazine Holiday », explique Philippe Augier, maire.
Réunissant des archives et fonds de l’agence Magnum Photos, mais aussi de la collection Golda Darty, c’est une « exposition assez remarquable » qui s’est installée aux Franciscaines. Elle réunit 150 documents d’époque, des tirages originaux, des journaux, des livres ou encore des objets, nous emmenant des conflits majeurs du XXe siècle à « l’enchantement estival de Deauville ».
C’est un vrai hommage à Robert Capa, « cet homme, grand photoreporter, aventurier, avec un sens du business assez poussé qui a vu les possibilités d’une agence de photographie avec la création de Magnum Photos en 1947 », souligne Andréa Holzherr.
Les images « qui comptent et restent dans l’histoire »
Pour le journal anglais Picture Post, dès décembre 1938, Robert Capa est « le plus grand photographe de guerre du monde ». Et quand on suit, au gré des tirages exposés, tous les conflits majeurs du XXe siècle qu’il a couverts, on peut comprendre.
« Robert Capa a couvert cinq guerres, Espagne, Chine, Seconde Guerre mondiale, Israël et Indochine, et en a, à chaque fois, ramené les meilleures images, celles qui comptent et restent dans l’histoire », souligne Michel Lefebvre, commissaire de l’exposition, évoquant une vie digne d’un « roman ».

Ses « premiers succès », il les vit pendant la guerre d’Espagne, en 1936. C’est à cette époque que le Hongrois de naissance prend son pseudonyme : Endre Friedmann devient Robert Capa. À cette même période, dès 1938, Capa photographie durant huit mois le mouvement de résistance des Chinois face à l’invasion japonaise. Puis, de 1941 à 1945, il couvre la Seconde Guerre mondiale en Europe, photographiant les fronts en Afrique du Nord, en Italie, en Allemagne et en France, et couvrant notamment le D-Day. Après la Seconde Guerre mondiale, Robert Capa continuera de couvrir certains conflits, en Israël, avec notamment la première guerre israélo-arabe, et la guerre d’Indochine.

Autant de conflits racontés dans ces « Icônes » de Robert Capa, ces clichés qui ont marqué l’histoire, comme sa célèbre photo représentant la mort d’un milicien loyaliste sur le front de Cordoue en septembre 1936, celle des troupes américaines débarquant sur la plage d’Omaha Beach, le 6 juin 1944, ou encore la « tondue de Chartres » en août 1944. « Un épisode qui a accompagné la Libération, l’épuration des collaborateurs et plus particulièrement des femmes ayant eu des relations avec les Allemands ».
Une exposition pour faire mémoire.
En explorant le travail de Capa, nous nous confrontons à notre propre histoire, à nos choix et à nos responsabilités. Nous nous souvenons des sacrifices consentis pour préserver la liberté et la dignité humaine.
L’été 1951 à Deauville
Au cœur de cette exposition, un espace installé dans la Galerie des maîtres est notamment dédié aux photographies de Capa prises à Deauville. En août 1951, le photoreporter était venu dans la station balnéaire pour le mensuel américain Holiday. Un autre visage de Capa qui avait déjà été dévoilé en 2011, lors d’une exposition sur les planches.
« Après les différentes guerres qu’il a couvertes, il s’amuse en travaillant pour un journal qui fait de longs reportages de tourisme », raconte Michel Lefebvre.
Une commande pour laquelle il pose son regard sur le « terrain de jeu des Parisiens », comme il l’écrit lui-même. Une ville dont il va immortaliser « son effervescence, ses contrastes sociaux, ses fêtes glamour et son atmosphère vibrante », souligne Philippe Augier.
Des photographies parfois en couleurs, pleines de vie, qui racontent un autre pan de l’histoire, mais aussi une autre facette moins connue du travail de ce photographe qui réalise aussi des clichés de mode, de tournage de cinéma ou de voyage. « Il a allié ses talents de photographe à son grand sens de la fête en animant quelques nuits deauvillaises, ce qui a donné lieu à des images assez extraordinaires », sourit le maire de Deauville.
« Il a inventé le photojournalisme moderne »
La force de cette exposition, c’est aussi de dévoiler, au-delà des tirages d’époque, du matériel et des magazines, eux aussi d’époque. Des témoins de ce qu’était le travail de photographe de presse en ces temps-là.

Sa machine à écrire, son boîtier Leica II ou encore son étui pour ranger ses négatifs sont autant d’éléments qui permettent « une découverte historique » de ce métier.
Une manière aussi de « montrer la fabrique de l’image », comme le révèle le commissaire de l’exposition qui insiste : « C’est important d’expliquer comment une photo parvient du lieu de la prise de vue jusqu’au journal qui va la publier, comment elle va parcourir des milliers de kilomètres ». Un voyage de l’image qui se fait d’abord par voiture, train ou avion, avant que ne soit lancée la radiophotographie, « ce système qui permettra notamment à ses photos de parvenir à New York après le 6 juin 1944 ».

En bref, toute une histoire qui raconte l’évolution du métier. « Robert Capa n’a pas inventé le photojournalisme, mais il a inventé le photojournalisme moderne en voulant avec l’agence Magnum, avoir une véritable coopérative de photographes, précise Michel Lefebvre. Ce qu’il va apporter c’est de défendre le travail du photographe, c’est-à-dire de contrôler l’usage des photos, les légendes qui vont avec, et la conservation des archives. »
Jusqu’au 13 octobre, aux Franciscaines, à Deauville. Tarifs : 13 € (plein), 8 € (abonné) ou 5 € (étudiant ou solidaire).
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