
Chaque été, la PSF fait débat. Elle n’est pas au goût de tous, c’est le moins que l’on puisse dire. Notamment au goût des jockeys (plusieurs d’entre eux s’en sont notamment plaints dès le premier quinté du meeting), et on ne peut que les comprendre. La PSF est aussi et surtout fouillante et pénible pour les chevaux qui évoluent sur une surface lente ou lourde, selon le vocabulaire employé, et qui projette surtout. Les turfistes, eux aussi, se retrouvent en difficulté puisque les arrivées sont plus difficiles à anticiper. Malgré la compétence et le (gros) travail des équipes de l’hippodrome, la PSF projette, déstabilise et essuie son lot de critiques. Principalement en raison des conditions climatiques, car cette piste a été conçue pour l’hiver ou pour les périodes plus fraîches. Ce qui nous amène à un constat implacable : si des solutions existent, elles passeront nécessairement par des changements au niveau du programme.
La PSF lourde durant l’été, un problème insoluble
La piste en sable fibré est composée de sable, de microfibres synthétiques et d’huile. Initialement, elle a été conçue pour être utilisée lorsque les gazons sont impraticables (l’hiver principalement). Le problème de la PSF l’été est un marronnier, et il est insoluble. “Plutôt que d’être lié à la fibre et de faire un agglomérat comme l’hiver, le sable est diffus en été, explique Guillaume Flavigny, responsable d’exploitation de l’hippodrome et du centre d’entraînement de Deauville. De plus, comme l’huile se liquéfie, elle a tendance à descendre au fond, ainsi la piste est bien moins visqueuse que ce qu’elle devrait être. Le liant qui fait que la piste se tient et qu’elle lève beaucoup moins, ne se fait plus. Il suffit de regarder les courses, on a l’impression de n’être que sur une piste en sable. Lorsque l’on regarde dans le tournant (où les chevaux sont filmés de derrière), on a ce nuage de poussière derrière les concurrents. Même si on dame la piste le plus possible, pour essayer de contrer cet aspect fouillant, l’huile descend très vite car elle est très liquide. C’est le serpent qui se mord la queue. Là où on se sent un peu démunis, c’est tout simplement que la piste réagit comme cela à cause des conditions météo”.
à l’inverse, lorsque les températures sont basses, la piste peut être solide, très compacte, mais là, les équipes de Deauville peuvent contrôler la situation en “ouvrant” la piste (le fait de herser permet une diffusion optimale du liant), ainsi la PSF est vraiment porteuse pour les chevaux.
Un remaniement du programme semble inévitable
Compte tenu de l’impossibilité d’avoir une PSF de bonne qualité l’été, faudra-t-il raccourcir le meeting estival de Deauville ? Espacer davantage les réunions (il y en a eu quatre entre le 5 et le 10 août) ? Davantage utiliser la piste de Dieppe en août ? Repositionner les courses estivales sur PSF de Deauville en période hivernale, sur site ou ailleurs ? Le fait est qu’il existe une bonne cinquantaine de courses programmées sur la PSF l’été, ce qui représente environ 7 réunions (avec 8 courses chacune). “Aujourd’hui, on a des conditions climatiques qui font que la PSF projette un peu ; c’est factuel. Alors la solution, s’il y en a une, elle passe par le programme, accepte Arnaud de Seyssel, vice-président de France Galop et président du Conseil du Plat. Cela signifie que cela diminuerait de manière significative le nombre de courses sur PSF durant le meeting ; on en a 56. Si on ne veut plus courir sur PSF, il va falloir remodeler de manière significative le programme du meeting de Deauville, ce qui impliquerait de les mettre ailleurs, mais je tiens à souligner la chose suivante : les équipes font techniquement tout ce qui est en leur pouvoir, avec une véritable compétence. Ils ont réalisé énormément de choses ces derniers mois, ont travaillé d’arrache-pied. Je leur tire un grand coup de chapeau”. Et d’ajouter : “Je note qu’il y a beaucoup de partants sur la PSF, que beaucoup d’entraîneurs s’y intéressent. À Pau, à Pornichet, à Lyon-La Soie, à Chantilly, ça projette, et plus ou moins en fonction des températures. Si on décide que la PSF de Deauville n’est utilisée que l’hiver, on ne pourra pas faire un meeting tout au long du mois. La seule solution passe par le calendrier. Nous allons réfléchir à ces questions, aux solutions à mettre en œuvre, et en consultant l’ensemble des professionnels. Derrière, cela sera présenté au Conseil du Plat, en commission technique, etc. Enfin, je ne voudrais pas que l’on occulte tout ce qui a été fait et tout ce qui va bien à Deauville”.
Rappelons, à titre de comparaison, que le meeting de Vichy dure une semaine, Royal Ascot cinq jours, Goodwood quatre jours et York quatre jours. Les grands meetings estivaux en France et en Europe sont nettement moins longs.
Un meilleur gazon qui devrait pouvoir absorber plus de courses
à Deauville, l’une des solutions pourrait consister à courir encore davantage sur le gazon. Encore, oui, car c’est déjà le cas cette année (voir notre chiffre ci-dessus). Dans une certaine limite aussi, évidemment. Meilleur d’année en année et de plus en plus robuste, le gazon deauvillais change et donne satisfaction. “Cela fait cinq ans que nous le travaillons, continue Guillaume Flavigny. Il y avait aussi un vrai sujet sur la piste en gazon il y a quelques années, où l’on pouvait se retrouver à mi-meeting avec une piste qui ne tenait plus. Il y a ici un ray-grass (herbe locale ou autochtone) particulier, ayant tendance à ramper. Lorsque le pas de cheval touche le sol, il a tendance à couper la racine du gazon à la base et cela pouvait décimer un mètre de gazon. En conséquence, la piste était rapidement mise à mal. Aujourd’hui, on a une meilleure densité de gazon et on essaye d’inverser la flore avec un ray-grass différent, qui est anglais, et avec lequel on essaye de contrer cette herbe autochtone. Agronomiquement parlant, on n’arrivera jamais à la supprimer, par contre, on la rend minoritaire”.
Soulignons pour conclure que la piste en herbe est très appréciée par les professionnels. Pour les parieurs, jouer sur une surface où toutes les tactiques sont possibles est très important. C’est justement l’un des problèmes de la PSF à cette période de l’année. Un problème qui pourrait encore être au cœur des conversations ce mardi puisqu’on annonce 27°C et un grand soleil sur Deauville. Pour le plus grand plaisir des vacanciers.
Côté parieurs – Gilles Barbarin : “Je n’ai pas les armes pour jouer dans ces conditions”
Propriétaire bien connu des parieurs (à l’honneur avec Letty’s Marvel samedi), Gilles Barbarin, qui fait partie des turfistes les plus experts de France, évite de jouer sur la PSF de Deauville l’été : “À mon avis, ce n’est pas tant de savoir si tel ou tel cheval a une chance en faisant le papier, mais c’est plutôt de prévoir le rythme qui va être donné à la course (ce qui est extrêmement dur dans un handicap avec des partants). À partir de là, il faut savoir quels chevaux sont pratiques, ceux qui sortent bien des boîtes, ceux qui peuvent être montés nez au vent, tout de suite là. Quand on se positionne dans les cinq ou six premiers dans une course un peu à la française (ndlr, souvent moins rythmées), on a fait le plus dur du travail. Mais en tous les cas, c’est extrêmement compliqué pour un turfiste de jouer sur cette PSF l’été, et pour un propriétaire, c’est un irritant. Je n’ai pas les armes pour jouer dans ces conditions. L’autre jour, j’avais Tremblant (ndlr, 7e sur 14, le 7 août) qui courait ; il a tiré le 14 sur 14 à la corde, a levé un peu la tête en partant et on s’est retrouvé dernier. Puis il a plongé dans le rail et, à partir de là, c’était fini. Si je peux éviter de courir sur la PSF, je le fais. Tremblant (510) doit courir ce mardi, il a tiré le 16 dans les stalles, alors je vais faire forfait”.
Florent Béasse : “La tâche des attentistes devient délicate”
Difficile à déchiffrer, les courses sur la PSF en été le sont notamment pour les pronostiqueurs en raison des projections. “Comme chaque été, la PSF deauvillaise est actuellement particulière, profonde, avec pas mal de projections, constate, comme beaucoup, Florent Béasse, pronostiqueur N°1 de notre titre. Dans ces conditions, la tâche des attentistes devient délicate. Pour tenter d’aiguiller les parieurs, on peut leur conseiller de se diriger vers les concurrents préférant galoper près de la tête. Il faut également tenir compte des places à la corde, notamment sur les courtes distances, car on a pu constater depuis le début du meeting qu’il était préférable de venir en dedans plutôt qu’en dehors dans la phase finale pour espérer jouer les premiers rôles.”
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