« C’est une légende de l’histoire de la photo », sourit avec enthousiasme Jonas Tebib, directeur artistique du festival Planches Contact, présentant les photos d’Arno Rafael Minkkinen, dans la cour des expositions des Franciscaines, à Deauville (Calvados). Un grand nom de la photo, qui a marqué sa venue à Deauville, lors des journées inaugurales du festival, par sa grande humilité et sa passion pour la photo restée intacte. « Quand il était en résidence, les jeunes photographes étaient impressionnés, lui ne comprenait pas, leur a dit : je suis photographe comme vous, je suis juste plus vieux », confie un membre de l’équipe.
Et pourtant, il y a un mois, le photographe finlando-américain de 80 ans a reçu le Prix de photographie de l’Académie des Beaux-Arts – William Klein. Une distinction prestigieuse venant couronner la carrière majeure de cette figure de la photographie contemporaine.
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Plus de 50 ans de création
Depuis plus de 50 ans, Arno Rafael Minkkinen « travaille avec dévotion sur le sujet de l’intimité dans le paysage », comme le souligne le directeur artistique. Depuis des décennies, il explore ainsi les liens et relations entre son corps et la nature. Des autoportraits « à la fois poétiques, physiques et profondément spirituels » qui donnent naissance à un « dialogue silencieux » avec les territoires parcourus où son corps se fond, se dissimule. « Il se prend en photo de manière très intime avec la nature, mais il ne se révèle pas. C’est très rare qu’on voit son visage. Ce qui compte, c’est la relation qu’il a avec la nature », commente Jonas Tebib.
Le photographe finlando-américain raconte « ce voyage » commencé il y a plusieurs décennies. « En prenant une photo sur une falaise avec un miroir, mon appareil est devenu le photographe, et moi le sujet ».
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Un travail qui s’est poursuivi en Normandie
Si une exposition, celle de la plage, est consacrée à ses photographies les plus emblématiques, Arno Rafael Minkkinen a joué le jeu de la résidence, comme les autres photographes invités au festival Planches Contact, écrivant un nouveau chapitre à son projet. « Avec son ancienne élève Veronica Mecchia, ils avaient fait une première photo en 1998, que l’on trouve dans l’exposition. Ils ont continué en Normandie, ensemble ».

Un duo photographique qui a donné naissance à une série, Intimate Equations, au cœur des paysages normands, offrant un nouveau dialogue poétique à découvrir aux Franciscaines. Un dialogue où leurs deux corps se fondent dans la nature, se mêlant au sable, à la mer, aux pierres ou à la forêt, « Toutes ces photos prises en Normandie ont d’abord été croquées et dessinées dans mon carnet. Il n’y a pas de manipulation dans ces photos. Ce qu’on voit sur l’image, c’est ce que la caméra a capté, rien de plus, rien de moins », insiste-t-il, avant de conclure, l’œil vif et lumineux : « J’aime quand il y a des limites, ça pousse à se dépasser et à trouver de nouvelles formes ». Un œil et un cœur toujours habité par l’amour de la photographie.
Jusqu’au 4 janvier, à Deauville, sur la plage en accès libre ou aux Franciscaines. Tarifs pour les expositions Planches Contact installées aux Franciscaines : 13 € (plein), 8 € (abonné) ou 5 € (étudiant, solidaire).
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