« Nous avons monté la première en 2017, rappelle Romain, coorganisateur de l’événement. C’était un pari un peu fou. On se disait : du tatouage à Deauville, vraiment ? » Huit ans plus tard, le rendez-vous normand a trouvé sa place parmi les plus grandes conventions du genre.
À tel point qu’il figure désormais dans le trio de tête des manifestations internationales, aux côtés de Rouen – que l’équipe organise également – et d’autres grands rendez-vous européens.
Plus de 400 tatoueurs
Ce succès se lit en chiffres : 420 tatoueurs, dont 40 % venus de l’étranger, et une affluence stabilisée autour de 15 000 à 16 000 visiteurs chaque année. « Nous recevons plus de 10 demandes par jour alors que c’est complet, s’étonne Romain. Il y a eu jusqu’au bout une liste d’attente de 200 artistes. » La sélection est stricte : les organisateurs passent en revue chaque portfolio et vont eux-mêmes recruter à l’international, de Miami à Dallas, en passant par l’Asie où ils tissent des liens avec la Chine, le Vietnam ou la Thaïlande.
À Deauville, le tatouage s’affiche dans un écrin inattendu. « Au début, le contraste entre le chic de Deauville et l’image du tatouage nous faisait sourire. Nous avons joué là-dessus. Aujourd’hui, après huit ans, le Tattoo Festival est devenu un événement très chic dans le tatouage, avec une soirée d’ouverture au casino Barrière où tous les artistes sont en costume ou en robe de soirée. »
Cette touche singulière séduit autant les passionnés que les curieux : jockeys venus après les courses, habitués du festival américain, familles locales ou vacanciers. « Nous avons réussi à mélanger tout le monde, et je pense que c’est un beau pari réussi. »

La frontière entre « convention » et « festival » n’est pas décisive. Ici, l’événement est résolument tourné vers le grand public. « L’intérêt, c’est que les gens puissent se faire tatouer sur place, explique Romain. En moyenne, nous réalisons plus de 3 000 tatouages pendant le week-end. »
Des petites pièces à 80 € jusqu’aux grandes fresques réalisées sur deux jours, le spectre est large. Les concours – organisés chaque soir – permettent de distinguer les meilleures réalisations dans chaque catégorie : noir et gris, couleur, manga, pièces cicatrisées ou « best of show ». Pour les artistes, gagner à Deauville est une porte ouverte vers la reconnaissance internationale.
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L’occasion de voir des shows et s’amuser
Mais le Deauville Tattoo Festival ne se limite pas aux cabines des artistes. « On ne vient pas seulement voir des tatoueurs travailler. On a envie de lâcher prise, de voir des shows, de s’amuser. C’est pour ça qu’il y a des spectacles toutes les heures » souligne Romain.
Cette année, les visiteurs retrouveront la troupe polynésienne, fidèle au rendez-vous, mais aussi une grande nouveauté : un dragon de 20 mètres animé par une vingtaine de performeurs dans les allées, avec tambours et danse du lion. L’univers manga, fil rouge de l’édition, sera décliné en concours cosplay, ateliers dessin et stands spécialisés. « Nous voulions faire un clin d’œil à la culture japonaise et à l’Asie, parce que de plus en plus d’artistes viennent de là-bas. »
replacer le tatouage dans son histoire
Au programme encore : concerts (le groupe Sniper se produira le samedi soir, avec Tunisiano et Aketo), démonstrations de shibari artistique, expositions, ateliers maquillage et même la présence de figures emblématiques comme Betty Berger, la femme la plus tatouée de France.
Le festival s’attache aussi à replacer le tatouage dans son histoire. Après l’exposition du Quai Branly qui avait marqué les esprits, Deauville accueillera cette année pour la première fois en France le musée William Robinson, avec une exposition de 50 m² consacrée à l’évolution des encres, des machines et des styles. « À partir du moment où le tatouage entre dans les musées, on peut parler d’art » souligne Romain.
Au-delà de l’effervescence, le festival porte aussi un message : valoriser les artistes sérieux et lutter contre la prolifération des salons peu qualifiés. « Le tatouage reste un métier d’art. Ce n’est pas parce qu’on achète une machine qu’on devient tatoueur. Ici, chaque artiste est sélectionné. Pour le public, c’est une garantie. »
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Malgré les contraintes d’infrastructure, les organisateurs visent la stabilité. « On tourne à 15 -16 000 visiteurs. Deauville, c’est une vitesse de croisière. Nous aimerions passer sur trois jours, mais pour l’instant, c’est compliqué financièrement. Peut-être pour les dix ans… » rêve Romain.
En attendant, le Deauville Tattoo Festival garde son ADN : deux jours intenses, une vitrine internationale, et un événement qui fait rimer passion, performance et spectacle.
Programme détaillé par ici
Centre International de Deauville, samedi 23 et dimanche 24 août. Tarifs : Pass 2 jours : à partir de 28,75 €, samedi : à partir de 18,35 €, dimanche : à partir de 18,35 €, pass VIP : à partir de 157,50 €. Billetterie en ligne : deauvilletattoofestival.com/billetterie
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