
Un an après avoir été relaxée en première instance, Johanna Lebailly, conseillère municipale d’opposition à Deauville (Calvados), a été condamnée le 19 novembre 2025 par la Cour d’appel de Caen.
Une condamnation pour « collecte illicite de données à caractère personnel et de traitement illicite d’une base de données à caractère litigieux », qui fait suite à l’envoi d’un tract à des habitants de Deauville ayant un nom à consonance juive, en 2020, avant les élections municipales. La Deauvillaise était alors candidate.
Elle a été condamnée à deux mois d’emprisonnement avec sursis. Elle devra par ailleurs verser un euro de dommages et intérêts symbolique et le remboursement des frais d’avocat à la Ville de Deauville, en sa qualité de partie civile.
Un tract diffusé en 2020
C’est un tract diffusé en 2020, avant les élections, qui avait allumé l’incendie. « Dans ce tract intitulé ‘ne jamais oublier’ et commençant par ‘chers coreligionnaires’, il était mentionné que Philippe Augier, maire de Deauville, soutenait l’antisionisme », rapporte le tribunal.
Ce tract « avait été adressé à de nombreux électeurs de la ville, supposément de confession juive en raison de la consonance de leur nom ». Pour certains, il s’agissait de leur nom de jeune fille.
L’enquête a rapidement pu remonter l’origine du tract à Johanna Lebailly qui avait demandé à pouvoir consulter les listes électorales, ce qu’elle avait confirmé au moment de l’enquête niant alors « tout détournement qu’elle aurait pu en faire ».
En septembre 2024, elle avait comparu devant le tribunal de Lisieux pour avoir utilisé la liste des électeurs de Deauville dans l’objectif de cibler ceux dont le nom de famille présente une consonance juive. La représentante du ministère public avait requis à son encontre une peine de 120 jours et son inéligibilité pendant 5 ans, le tribunal avait décidé de relaxer l’ancienne candidate, le 8 octobre 2024.
La procureure de la république et la mairie de Deauville avaient fait appel. Une nouvelle audience s’est ainsi tenue le 3 octobre 2025. En deuxième instance, Johanna Lebailly a été reconnue coupable des faits qui lui sont reprochés. L’avocat général a notamment rappelé « la précédente condamnation de la prévenue » se rapportant au tract envoyé, en 2022, pour injure publique à l’encontre de Philippe Augier.
Le maire réagit en conseil municipal
En conseil, jeudi dernier, le maire de Deauville, Philippe Augier, a pris la parole à ce sujet, évoquant des « faits graves portant atteinte aux droits fondamentaux des administrés », a-t-il réagi, précisant : « Ce courrier a été envoyé à des destinataires sans leur consentement, des personnes décédées avaient d’ailleurs également été rendues destinataires du tract ».
Dans sa prise de parole, l’édile a également mentionné Pierre Mallet, présent sur la liste de Johanna Lebailly en 2020 et candidat pour 2026 à la mairie de Deauville, qui pour cette affaire a produit une attestation « indiquant qu’il disposait d’une base personnelle et professionnelle depuis de nombreuses années de coreligionnaires en sa qualité de traiteur casher et mentionnant être à l’initiative de la lettre injurieuse adressée aux électeurs supposément de confession juive », rapporte le compte-rendu du jugement. Une « attestation tardive », selon le tribunal, « qui ne résiste pas aux témoignages » des personnes ayant reçu le tract litigieux et qui n’a donc pas été retenue.
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