Sebastião Salgado n’est pas Deauvillais, mais ses photographies en noir et blanc racontant la folie des hommes et la beauté du monde préservé ont touché et continueront de marquer les visiteurs des Franciscaines. Ceux qui ont eu la chance de le croiser, fin février, lors de sa venue à Deauville (Calvados), n’oublieront pas non plus le récit de sa vie que ce photographe a l’œil profondément humaniste a livré à cœur ouvert.
Le photographe franco-brésilien qui vit en France depuis 1969 est mort à l’âge de 81 ans, comme l’a annoncé ce vendredi 23 mai 2025 l’Académie des Beaux-Arts française.
Des photographies prises aux quatre coins du monde
« En visitant cette exposition, j’ai fait un tour de ma vie », confiait-il avec émotion, fin février, racontant alors chaque vibration ressentie en parcourant les images exposées aux Franciscaines pour l’exposition qui lui est consacrée, imaginée en collaboration avec la Maison européenne de la photographie (MEP). Une exposition visible jusqu’au 1er juin grâce à laquelle on remonte le temps avec Sebastião Salgado, au gré de photographies prises aux quatre coins du monde, ces cinquante dernières années.

Ce voyage en images raconte toutes les terres où il a photographié avec le cœur, relatant les grandes mutations dont sont victimes les populations les plus fragiles qui ont subi les conflits et la pauvreté. Des dérives qu’il avait racontées à la presse lors de sa venue à Deauville, avec les plaies invisibles de son corps, les séquelles de cet engagement sur le terrain : les guerres en Angola et au Sahara espagnol, les ravages de la sécheresse et de la famine au Sahel, les mines d’or de Serra Pelada au Brésil ou encore le génocide du Rwanda qui l’a profondément marqué, jusqu’à l’intérieur de son corps.
« J’ai découvert que je n’étais qu’une seule espèce »
Pour celui qui n’aura cessé d’être au chevet de la souffrance d’une humanité victime de la folie d’autres hommes, le génocide du Rwanda sera suivi d’une période de doute qui finira par donner naissance à un autre projet chargé d’espoir. Il se lance alors avec son épouse Lélia dans un nouveau projet, celui de réhabiliter l’environnement de la ferme familiale usée par des années de surexploitation, replantant trois millions d’arbres. Comme un clin d’œil, lors de sa venue à Deauville, il avait également planté un pommier dans les jardins de la Villa Strassburger, aux côtés de Philippe Augier, maire.

De cette aventure est né l’un de ses plus beaux projets photographiques, Genesis. De 2004 à 2012, il a effectué plus de 32 voyages, des Galapagos à l’Amazonie, en passant par l’Afrique et l’Arctique. Au cœur de l’exposition, on découvre ces photographies de terres vierges et intactes qui incarnent un hommage à la beauté et la fragilité du monde. « Le plus grand voyage que j’ai fait, c’est dans moi-même. J’ai découvert que je n’étais qu’une seule espèce en face de millions d’autres espèces aussi importantes », concluait alors le photographe.
Un voyage intérieur qui ne cessera d’être raconté grâce à ses photographies qui continueront à faire vivre son œil, son cœur et sa mémoire.
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