[Article publié vendredi 23 août à 13h15 et mis à jour à 15h53] Il n’est pour l’instant plus possible de piquer une tête à Deauville et Trouville-sur-Mer. La baignade y est interdite depuis jeudi et le sera jusqu’à nouvel ordre. Les plages des deux stations balnéaires du Calvados sont fermées à la baignade en raison d’une pollution aux bactéries E.coli à Trouville, a déclaré à l’AFP, le directeur général de la communauté de communes Côte Fleurie, Marc Bourhis.
Les analyses réalisées vendredi matin ont mis en évidence « un niveau de bactéries E.coli en-dessous de 100 unités par 100 millilitres pour Deauville, mais 1.100 pour Trouville, la plage de Trouville reste donc fermée et celle de Deauville aussi, par solidarité », a expliqué le directeur Marc Bourhis.
Pour rappel, l’Union européenne définit la qualité d’une eau de baignade comme « bonne » en-dessous de 100 unités, moyenne entre 100 et 1.000, et mauvaise au-delà, d’après Marc Bourhis, qui estime que la situation devrait revenir à la normale vendredi soir, sauf en cas de fortes pluies.
Les plages de trois communes voisines aussi interdites
Les plages de trois autres communes voisines, Blonville, Tourgéville et Benerville restent également interdites vendredi à la baignade, selon le directeur.
L’Agence régionale de santé « a fait des analyses mardi qui ne révélaient pas de pollution, mais nos propres profils de vulnérabilité nous ont poussés à demander au maire de hisser le drapeau rouge hier (jeudi) », a précisé Marc Bourhis, « par mesure de précaution pour protéger les populations ».
La communauté de communes a mis en place ces « profils de vulnérabilité » il y a vingt ans. Lorsque les mesures des vents, pluies et marées se rapprochent de celles d’un événement de pollution passé en faisant craindre un nouveau, le drapeau rouge est hissé et la baignade surveillée interdite en attendant des analyses complémentaires.
La Touque draine des eaux potentiellement contaminées
Les récentes conditions météorologiques « nous ont laissé penser que les analyses pourraient être mauvaises en mer hier (jeudi) et aujourd’hui », a précisé Marc Bourhis. « Ces analyses ont été faites ce matin à 08h00 par Veolia, une méthode de culture accélérée a été réalisée pour savoir si le seuil pour les bactéries Escherichia coli (E. Coli) ou entérocoques était dépassé », a ajouté le directeur général. La réponse est donc oui.
Le fleuve local, la Touque, qui se jette entre Deauville et Trouville, draine les eaux de ruissellement potentiellement contaminées des routes, marais et rivières vers les lieux de baignade. Situées en baie de Seine, ces plages sont plus à risque que d’autres aux pollutions aux bactéries selon Marc Bourhis, « car l’argile drainée par la Seine empêche les UV (rayonnement ultraviolet, ndlr) de tuer ces bactéries, ce qui se produit par exemple sur les côtes rocheuses de Bretagne ou de la Méditerranée ».
Des fibres textiles dans le lac Léman
Dans un autre registre, la pollution des plages du Léman a été jugée « préoccupante » mardi par la commission franco-suisse chargée de veiller sur la santé du lac. Cette dernière pointe notamment du doigt les fibres textiles synthétiques relâchées lors du lavage des vêtements.
A l’initiative de la Commission internationale pour la protection des eaux du Léman (Cipel), l’Association franco-suisse pour la sauvegarde du Léman (ASL) a mené une étude en 2021 et 2022. Celle-ci démontre « l’ampleur de cette pollution », ont indiqué ces deux organisations dans un communiqué. Les prélèvements ont été effectués sur 25 plages suisses et françaises du Léman, le plus grand lac d’Europe occidentale.
L’étude, baptisée « Pla’stock », a révélé une moyenne de 7.600 particules de microplastiques (0.3 mm à 5 mm de longueur) par mètre carré, un chiffre « préoccupant » selon la Cipel et l’ASL. Les analyses montrent qu’environ 60% des particules sont des fibres textiles synthétiques relâchées lors du lavage des vêtements ou par l’usure.
Les 40% restants sont issus de la fragmentation de macro plastiques. Ces derniers, visibles à l’œil nu, ont été recensés par 100 bénévoles. La moitié des plages étudiées accumulent des macroplastiques mais l’étude a montré « une légère baisse des quantités en regard des précédents recensements ».
La majorité des macroplastiques récoltés étaient fortement fragmentés et de petite taille (<2,5 cm). Plus de la moitié des objets triés n’étaient plus identifiables. Les emballages de nourriture, les mégots de cigarettes et les granulés plastiques industriels sont les trois éléments les plus souvent identifiés. La fragmentation des plastiques menace l’écosystème lémanique, selon le communiqué.
Des microplastiques aussi dans les poissons
Une précédente étude Cipel, menée également en 2021-2022, a montré « une bioaccumulation significative des microplastiques dans les poissons du Léman ». Ces particules, qui transportent des polluants comme les métaux lourds et les composés organiques persistants, augmentent la toxicité des plastiques pour les organismes aquatiques. La Cipel et l’ASL jugent nécessaire de prendre des mesures pour réduire l’apport de plastiques dans le lac, notamment via les affluents et les eaux pluviales.
Les deux organisations soulignent que l’Union européenne a mis en place des mesures proactives, notamment l’installation obligatoire de préfiltres sur les machines à laver d’ici 2025, visant à réduire cette source majeure de pollution. En Suisse, indiquent-elles, le gouvernement et la chambre basse du parlement ont refusé une proposition similaire.
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Malgré ce rejet, des initiatives volontaires restent cruciales, concluent-elles, en recommandant d’utiliser des sacs de lavage anti-microfibres, de choisir des textiles durables et de meilleure qualité qui libèrent moins de fibres, et d’adopter des pratiques de lavage comme laver à basse température et réduire la fréquence des lavages.
(Avec AFP)
latribune.fr
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