De grandes étendues vertes parfaitement coupées. C’est au premier abord ce qui nous saute aux yeux quand on rentre au Golf Barrière Deauville, à Saint-Arnoult (Calvados). Mais à y regarder de plus près les niveaux de tontes ne sont pas tous les mêmes. C’est normal et c’est même le travail de Guillaume Brière, le greenkeeper. Si l’on serait tenté de résumer son travail à l’entretien des pelouses du golf, c’est en réalité plus complexe que cela. À l’occasion de la Lacoste Ladies Open de France qui se tiendra du 25 au 27 septembre, nous l’avons rencontré pour comprendre comment préparer les pelouses à recevoir une telle compétition.
Un an de préparation et de planification
Avec une équipe de 11 jardiniers, tout est une question de planification. « Pour une compétition comme celle-ci, on s’y prend un an à l’avance. Dès qu’une édition est terminée, nous commençons à préparer celle de l’année suivante », explique Guillaume Brière. Avec des plans de mécanisation et de fertilisation, il peut ainsi préparer en douceur le terrain pour qu’il atteigne son meilleur niveau : « Ça fait beaucoup stresser le gazon. Sur une semaine c’est possible mais pas toute l’année. » Il y aurait alors un trop grand risque de maladie. Le greenkeeper est également accompagné d’un consultant agronome spécialisé dans le golf, Stéphane Rouen. Les 27 trous imaginés en 1929 par l’architecte Tom Simpson sont donc bichonnés toute l’année.
Sablage, drainage, arrosage…
Qui aurait pu penser que dans les pelouses d’un golf pouvait être injecté du sable ? C’est pourtant le cas avec une double utilité : « Ça permet un meilleur drainage de l’eau dans le sol et les greens sont plus fermes », précise le greenkeeper arrivé au golf de Deauville il y a neuf ans. À marcher dessus, il y a comme une sensation d’une moquette bien rebondie. Il doit également veiller à « faire respirer » les sols, notamment grâce à des opérations mécaniques. L’arrosage des greens, des fairways et des autres zones de jeu est aussi un sujet important puisqu’ils doivent respecter des taux d’humidité bien précis. Il faut donc les tester à différents endroits. De l’extérieur, nous voyons seulement quelqu’un planter une sorte de piquet dans le sol. Mais directement sur le terrain, Guillaume Brière repère tout de suite où ont été effectués les relevés, la machine ayant laissé de tout petits trous, visibles uniquement par un œil expert. La question de l’arrosage de plus en plus prédominante entraîne une réflexion interne pour préserver cette ressource de l’eau.

« Matin et soir pour toutes les surfaces »
Le meilleur ami et le pire ennemi du greenkeeper : la météo. « C’est une des premières choses que je fais le matin. La météo agricole pour les cumuls de pluie et celle des plages pour le vent », indique-t-il. Et même s’il tire les leçons des années précédentes, le ciel ne sera jamais deux fois le même. Un vrai « travail avec le vivant » comme il le décrit. Et le vivant se retrouve aussi dans la faune et la flore. Si des espèces floristiques sont à préserver, il y a aussi la visite « de chevreuils, d’oiseaux, de hérissons… » Et même de quelques sangliers, parfois un peu dérangeants.
Plus la compétition approche, plus les préparatifs se dessinent et les derniers détails se peaufinent. Et notamment dans la tonte des différents espaces. « Le reste de l’année, la tonte se fait une fois par jour, alors que là c’est matin et soir pour toutes les surfaces. » Et chaque zone, à sa propre hauteur : 12, 20 ou 51 mm. Ainsi plus l’herbe est basse, plus il est simple de taper dans la petite balle blanche. Et ces hauteurs sont déterminées avec la vitesse de balle. À l’aide d’un stimpmeter, une règle inclinée sur laquelle Guillaume Brière fait glisser la balle de golf, des calculs déterminent ensuite ce que dans le jargon le greenkeeper et les golfeurs désignent en « 3 m 10 ou 3 m 20 ». Ce chiffre est décidé par l’arbitre et est, une nouvelle fois, soumis à la météo : « S’il y a du vent, on va baisser ce chiffre. C’est une indication pour les golfeurs pour déterminer la vitesse de leur balle. »
La pelouse, star de la compétition
Mais le travail ne fait que commencer : « Dans une semaine la pelouse sera au top. » C’est presque à se demander si la pelouse ne serait pas la véritable star, plus que les joueuses. Et durant le tournoi Guillaume Brière et ses équipes sont sur tous les fronts avec une préparation avant et après les journées de compétition. « Le matin on fait 5 h 30 – 8 h et le soir 19 h – 22 h. On prépare comment ça le terrain de nuit. » Un débrief tous les matins et tous les soirs accompagne aussi le travail avec parfois quelques surprises, comme le raconte l’expert en pelouse : « Ça va très vite, notamment les maladies. On peut partir un soir tout va bien et le lendemain matin la pelouse est complètement envahie. » Il doit donc bichonner au maximum tous les petits brins d’herbes et ce qui se cache en dessous.
Et pour ce genre de compétition l’exigence est de mise. La mission du soir est aussi de reboucher tous les trous. Si les joueuses soulèvent une motte de terre en frappant une balle, pour lendemain cela doit avoir disparu.
La Lacoste Ladies Open de France : trois jours de golf et de découvertes
Pour sa 35e édition et sa quatrième année au Golf Barrière de Deauville, la Lacoste Ladies Open de France accueillera 96 participantes, du 25 au 27 septembre sur les 18 trous du parcours Diane Barrière. Le jeudi et le vendredi le jeu se déroule de 8 h 15 à 19 h 30, et de 9 h à 16 h 30 le samedi. Des têtes d’affiche, comme Céline Boutier, Perrine Delacour ou encore Nastasia Nadaud seront présentes. 32 golfeurs amateurs pourront également partager le parcours grâce au format « Alliance » durant les deux premiers tours. Avec un accès gratuit aux visiteurs, la compétition vise également à faire découvrir le golf féminin. Des visites commentées seront organisées, à 14 h, avec des explications sur le jeu et ses spécificités. Elles seront gratuites sur inscriptions auprès d’InDeauville. Cette volonté se traduit également dans la mise en place d’une exposition de cinq œuvres d’art contemporaines sur le parcours.
Derniers détails avant le swing
Si les premières années ont été stressantes pour faire en sorte que les meilleures conditions de jeux soient réunies, pour cette quatrième année, Guillaume Brière prend « des habitudes ». Et les bons retours des joueuses sur la qualité de sa pelouse ne peuvent que le rendre plus confiant. Il confie : « Je n’ai jamais fait avec les garçons mais en tout cas les filles sont super. Elles ne se plaignent pas et s’adaptent à toutes les situations. » Encore quelques coups de tondeuses et de lissage et tout sera réuni pour que les golfeuses n’aient plus qu’à swinger.
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