Deauville : au cœur de la machine poker, Anthony Tribhou orchestre la démesure maîtrisée des jeux de table

Depuis mai 2024, Anthony Tribhou dirige les jeux de table du casino Barrière. Et depuis bien plus longtemps, il en connaît chaque rythme, chaque tension, chaque transformation : « Je suis rentré en 1994. Ça fait 30 ans. Et à Deauville depuis 30 ans. »

Au début de sa carrière, il aurait pu quitter la ville, s’envoler vers Montreux ou Lille pour des ouvertures prestigieuses. Il ne l’a pas fait. « Ma vie de famille était ici. » Sa carrière, Anthony Tribhou la résume à une ligne qui condense une vie : « Croupier débutant, formé par la NPE. Je ne connaissais rien aux jeux. Et j’ai évolué en interne. »

Le poker à Deauville, une chronologie intime

Aujourd’hui, Anthony Tribhou parle en homme qui a vu l’histoire se faire. Le poker à Deauville, il le raconte comme une chronologie intime : « Ici, il y avait un tournoi par an, en novembre. Depuis l’année dernière, on est passé à deux étapes : novembre et avril. » Mais l’enracinement est plus ancien : « Le casino organise des événements réguliers, nationaux ou internationaux, depuis 2017. Ça va faire 18 ans. »

Deux noms continuent d’habiter la conversation : Lucie Desnos et le regretté Stéphane Godet, l’équipe fondatrice du poker Barrière. « Lucie est sortie du groupe l’an dernier, après une retraite bien méritée » sourit Anthony.

Le relais est désormais assuré par Brian Benhamou, rattaché au siège, qui organise les six étapes d’un circuit national. « La finale sera le dernier événement poker de l’année civile. »

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Deauville : la démesure maîtrisée

Ce qui caractérise Deauville, c’est la démesure maîtrisée. « Nous proposons quinze tournois sur cinq jours. Oui, c’est énorme » reconnaît-il. Les premiers ont commencé vendredi ; certains se sont achevés « dans la nuit du mardi au mercredi. » Entre 2 100 et 2 500 joueurs étaient attendus. Pas de statistiques sur les Normands. Pas de pluie de stars non plus : « Ce n’est pas le rendez-vous des célébrités. Ici, c’est un tournoi national. »

Derrière cette apparente simplicité, la logistique est un chantier à part entière. « La difficulté, c’est la gestion des effectifs. Les croupiers ne viennent pas de la salle des jeux, ce sont des externes. On en a une cinquantaine » détaille le directeur des jeux de table.

Aux Ambassadeurs, une quarantaine de tables savamment alignées, toutes montées juste pour l’événement. Et tout le monde sait exactement ce qu’il doit faire : restauration, marketing, sécurité, jeux : « Nous organisons des réunions préparatoires depuis quelques mois avant, mais maintenant, ça roule parfaitement. »

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« Le poker a beaucoup évolué »

La conversation glisse vers l’évolution du jeu lui-même. « Le poker a beaucoup évolué. Canal+, Patrick Bruel… Ça a fait connaître le poker en France et de surfer dessus. » Longtemps, Deauville a été un laboratoire. « Deauville était casino test pour le cash game. Les joueurs jouaient leur argent propre. On avait cinq ou six tables le samedi. »

Puis est venu le temps de la saturation. « Trop de poker tue le poker. Les gens faisaient deux ou trois heures de route pour venir, mais quand ils ont eu du poker près de chez eux, ils y sont restés. »

Aujourd’hui, pourtant, le mouvement s’inverse. « Ça repart sur une pente ascendante. Cabourg, Le Havre, Forges reproposent des tournois. »

Pour Barrière, le poker n’est pas seulement un jeu. C’est une économie complète. « Il ne faut pas penser que jeu et poker. Il faut penser restauration, hôtellerie. C’est un produit d’appel. Ça fait fonctionner toute l’économie du groupe : hôtels, restaurants, machines à sous. »

Sur cinq jours, l’objectif est clair : capter un maximum de joueurs.

Et oui, ça marche. Si ça ne marchait pas, on ne le ferait pas.

Anthony Tribhou.

Le rôle d’Anthony pendant le tournoi est un rôle fantôme, mais central : « Je checke les inscriptions. Je vérifie que les joueurs ont payé le bon montant. » Et ensuite, il s’efface : « Pendant le tournoi, je ne suis pas dans la salle du tout. On ne me voit pas. Mais je reste le point central de l’organisation. »

Le soir venu, il renfile son autre veste : « Je retourne dans la salle des jeux pour accueillir les clients. »

La sécurité, elle, n’est jamais un sujet sensationnel, mais un protocole. « Oui, c’est surveillé. La police des jeux est présente. On les voit. » Ils observent, vérifient, contrôlent. Rien n’est laissé au hasard : « Les jetons n’ont aucune valeur. Le cash, personne n’y a accès. Tout est cadré par Éric-André Durieuse, le responsable sécurité du casino. Aucun souci. Il n’y a même pas de sujet. »

Avant de repartir travailler, Anthony glisse une dernière vérité, presque comme un conseil de vieux joueur : « Ce n’est pas parce qu’on sait jouer derrière son ordinateur qu’on va être à l’aise en live. Un jour ou l’autre, un débutant a envie de franchir le pas. Vous avez les croupiers, les jetons, les cartes, l’ambiance. Vous vous confrontez aux autres joueurs. C’est différent. C’est intéressant. »

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