Pour la première fois, le festival du cinéma américain de Deauville (Calvados) s’offre des projections en 70 mm Les jeunes festivaliers font un triomphe au film musical Flashdance d’Adrian Lyne : ils réclament une seconde projection et refusent de quitter la salle, amenant la direction du Festival à demander l’intervention énergique du service d’ordre.
À lire aussi
Aux côtés de Joan Fontaine, Henry Hathaway, Lee Marvin, Arlene Dahl et James Mason auxquels le festival rend cette année hommage, Deauville accueille les Français Claude Brasseur, Jean-Pierre Aumont, Jean Carmet, Victor Lanoux, Gérard Oury et Michel Blanc.

Un temps de chien
Le festival s’ouvre par un temps de chien. Pluie et vent, une fois n’est pas coutume, accueillent invités et cinéphiles. Mais il en faut d’autres pour impressionner la vedette de cette édition, Henry Hathaway, 85 ans depuis quatre mois, l’un des plus prolifiques metteurs en scène américains.
Le réalisateur se présente à sa conférence de presse, formidablement serein. « Je n’ai aucun regret, explique-t-il d’entrée. J’ai fait tout ce que je voulais. Ni le temps ni l’argent ne m’ont jamais manqué. » Il faut dire que Henry Hathaway était l’homme idéal pour les grands studios : « Je n’ai jamais refusé de tourner un film. J’étais un bon soldat. »
À lire aussi
Le réalisateur arrive à la soirée d’ouverture au bras de Joan Fontaine, à laquelle le festival rend aussi hommage. L’actrice, que l’on présente souvent comme « réservée et même timide jusqu’à la gaucherie », a dû corriger ses défauts avec le temps. À 65 ans, elle a maintenant la langue bien pendue.
Pour elle, Hollywood est « laide et malsaine, complètement néfaste pour les acteurs et leur vie personnelle. »

Flashdance
Précédé d’une flatteuse réputation acquise aux États-Unis, le film d’Adrian Lyne Flashdance est attendu à Deauville avec impatience. L’envie est si forte qu’on se bat littéralement dans la file d’attente. Trois blessés sont confiés aux bons soins des pompiers.
L’engouement du public est tel à l’issue de la séance que de nombreux jeunes réclament une deuxième projection. Curieusement, le lendemain, la seconde séance organisée en hâte ne fera pas le plein.
À lire aussi
Pendant ce temps-là, Lee Marvin est arrivé d’Orléans où il tourne son premier film français, Canicule, sous la direction d’Yves Boisset, avec Miou-Miou et Jean Carmet.
Ce dernier accompagne l’acteur américain à sa conférence de presse. Lee Marvin s’y montre charmant et disponible. À des kilomètres des rôles de brute épaisse qu’on lui fait jouer le plus souvent.
« Ça a un avantage, analyse l’acteur. J’ai grâce à cela une méchante réputation, qui me permet de bien protéger ma vie privée. » Non sans humour, Lee Marvin fait également remarquer qu’il peut, tout en gagnant ainsi confortablement sa vie, « se défouler dans la fiction en faisant des choses qui, partout ailleurs, lui vaudraient la prison. »
Dans les salles, plusieurs films régalent les festivaliers. C’est le cas, notamment, de Zelig, de Woody Allen, d’Under Fire de Roger Spottiswoode, et surtout de Frances, de Graeme Clifford, qui raconte la vie tragique de l’actrice Frances Farmer, brisée avant-guerre par les studios d’Hollywood. Un grand rôle dans lequel Jessica Lange est au sommet de son art.
À lire aussi
Un tournant décisif ?
Dans Le Monde du 13 septembre 1983, Jacques Siclier écrit : « Après des débuts chaotiques, le neuvième Festival du film américain de Deauville s’est achevé le 11 septembre dans l’euphorie. Il a pris, cette année, un tournant peut-être décisif en devenant une manifestation populaire locale. Dépassés par le succès et par la foule, les organisateurs devront, désormais, en tenir compte : moins de films, à ventiler en plusieurs séances, pour satisfaire à la fois le public, les invités et les journalistes. »
Puis le journaliste évoque la renommée de Woody Allen : « Seul grand nom de la sélection, cette année, il aura été un irrésistible pôle d’attraction. Déjà présenté au Festival de Venise, Zélig a suscité, à Deauville, des discussions passionnées, une admiration sans bornes, pour certains, quelques réserves pour d’autres. Tout le monde l’a vu, ainsi que la grande attraction finale du Festival : Octopussy, de John Glen. »
Suivez toute l’actualité de vos villes et médias favoris en vous inscrivant à Mon Actu.
Cette chronique se veut produite du mieux possible. Vous pouvez utiliser les coordonnées inscrites sur le site web dans l’objectif d’indiquer des précisions sur ce post qui parle du thème « ». Le site deauville-info.com vous soumet de lire ce post autour du thème « ». deauville-info.com est une plateforme numérique qui archive différentes actualités publiées sur le net dont le domaine principal est « ». Consultez notre site deauville-info.com et nos réseaux sociaux dans l’optique d’être au courant des nouvelles publications.