
Assis dans son stand, lunettes fines sur le nez et moustache soignée, Florian Minguet (Savage Tattoo Club) dégage une allure à la fois tranquille et assurée. Sa chemise noire entrouverte laisse apparaître une nuée de tatouages colorés : navire, cœurs, cerises, figures anciennes. Sur son cou, un visage rouge et des symboles puissants rappellent son attachement au style traditionnel américain. Avec ses boucles d’oreilles rondes et son bracelet du Tattoo Festival, il incarne l’esprit même de la convention : passion, style et ancrage artistique.
À 28 ans, ce tatoueur installé à Creil, dans l’Oise, a déjà huit ans de pratique derrière lui. « Oui, le tatouage s’est démocratisé, et pas qu’un peu » constate-t-il. « En vrai, ce n’est pas forcément bien… parce qu’il y a énormément de tatoueurs maintenant. Tout le monde s’y met. Mais sinon, oui, c’est hypersimple d’être tatoueur aujourd’hui. Et on en vit très bien. »
Une clientèle sans frontières
Dans son salon, il reçoit « de tout. » De l’ancien directeur de banque au manutentionnaire, de la mère de famille au jeune de 20 ans, son fauteuil accueille une incroyable diversité. « Il y a vraiment tous les domaines professionnels, toutes les générations. Et puis, le tatouage, on le vit mieux aujourd’hui. Avant, on le cachait parfois. Maintenant, ce n’est pas forcément qu’on l’expose, mais on l’assume. On peut aller vers des pièces plus légères, plus féminines, du réalisme plus doux. C’est varié, et c’est ce qui explique que ça touche plus de monde. »
Lui-même pratique deux styles que tout oppose : le réalisme et le old school. « Je suis vraiment les deux » résume-t-il. Sur sa peau, beaucoup d’œuvres sont les siennes : « Je me suis fait les jambes tout seul. » Pour le reste, il choisit en fonction du style des confrères. Comme une collection qu’il enrichit au fil du temps, à la manière d’un passionné. « C’est comme un collectionneur de timbres. Certains s’arrêtent à deux ou trois cadres. D’autres en ont des centaines. »
Une convention qu’il connaît par cœur
À Deauville, Florian est un habitué. « Ça fait trois ans que je viens » explique-t-il. L’an dernier, la météo avait terni l’édition. Cette fois, il savoure pleinement. « C’est une bonne convention. Bien organisée, grande, dans un très bel endroit. Et puis, la ville… elle est magnifique ! »
Sur place, il jongle entre rendez-vous planifiés et clients de passage. « Tout à l’heure, j’ai tatoué quelqu’un qui s’est arrêtée. Je lui ai dit de repasser une demi-heure plus tard. » Les tarifs, eux, varient du simple au décuple : « De 70 euros minimum à 800 ou 1 000 euros pour des pièces qui demandent des heures de travail. »
À travers ses mots, on sent une passion entière et une vision claire : celle d’un métier devenu universel, mais qui reste, pour Florian, un art à part entière.
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