À 47 ans, Samuel Penalba appartient plutôt à la seconde catégorie. Derrière les tables du nouveau Maurice Sfez Café, installé à Deauville (Calvados) avec son épouse Charlotte, il y a bien davantage qu’une nouvelle adresse : un parcours construit depuis l’âge de 19 ans, au fil des rencontres, des intuitions et d’un goût prononcé pour les lieux qui racontent quelque chose.
« J’ai toujours eu un sixième sens, du flair dans les affaires », résume-t-il. Une phrase qui en dit long sur celui qui revendique d’abord son instinct pour comprendre les usages, sentir les envies et transformer les lieux.
Mais qui est réellement Samuel Penalba, et comment ce parcours l’a-t-il conduit jusqu’à Deauville et au Café Maurice ?
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Le nouveau chapitre de la vie de Samuel Penalba est parfaitement cohérent avec tout ce qui l’anime depuis qu’il a commencé à entreprendre, à seulement 19 ans : comprendre les usages, sentir les envies, transformer les lieux et, surtout, créer quelque chose qui ait du sens. Car Samuel Penalba n’est pas issu de la restauration. Il est entrepreneur. Et même un entrepreneur qui revendique une forme d’instinct : « J’ai toujours eu un sixième sens, du flair dans les affaires. J’arrive à capter les besoins, les envies et vers quoi on va. » Une phrase qui résume assez bien le personnage. Chez lui, l’entrepreneuriat n’est pas une succession de business plans soigneusement alignés. C’est d’abord une affaire d’observation, de rencontres et d’intuition.
L’entrepreneur qui a commencé à 19 ans
Son histoire commence loin des machines à expresso et des gaufres liégeoises. Originaire de Biarritz (Pyrénées-Atlantiques) ses racines familiales, Samuel grandit en Île-de-France, dans une famille de commerçants. Ses parents et ses deux grands-pères lui transmettent chacun une partie de ce qui deviendra sa personnalité professionnelle : d’un côté, un grand-père architecte et constructeur ; de l’autre, un grand-père espagnol qui travaille de ses mains, comme peintre et maçon. « J’avais vraiment ces deux univers dans les gènes : le côté réflexion, construction, et en même temps la concrétisation d’une idée » analyse-t-il. L’école, en revanche, n’est pas son terrain de prédilection. Il apprend autrement : en regardant, en écoutant, en comprenant les mécanismes qui l’entourent.
À 19 ans, il se lance. Il crée une centrale d’achat destinée aux petites collectivités, un secteur qu’il découvre et dont il comprend rapidement les besoins. Mobilier urbain, mobilier scolaire et sportif, produits d’entretien, signalétique, fournitures réglementaires… Il s’intéresse particulièrement aux communes de petite taille, souvent moins bien équipées pour répondre à leurs besoins. L’entreprise grandit vite. Très vite.
Pendant 17 ans, Samuel Penalba développe cette société et rachète plusieurs autres. L’aventure finira par employer plus de 150 personnes avant qu’il ne décide de vendre. Mais ce premier succès ne constitue pas une fin. Plutôt un passage.
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« Un rêve d’enfant vous poursuit toute une vie »
Depuis toujours, Samuel Penalba voulait être architecte. Il n’a pas suivi les études qui l’y destinaient, mais le rêve est resté. Après la vente de son entreprise, il décide donc de se rapprocher de ce qui l’attire depuis l’enfance : la pierre, les bâtiments, les volumes, les matériaux et les lieux. Il se tourne vers l’immobilier et devient marchand de biens. Un métier qu’il regarde avec un œil singulier : « Ce que j’ai toujours souhaité, c’est vendre une émotion. » Son travail consiste à acheter des biens, les rénover, les transformer puis les remettre sur le marché. Mais il refuse de voir la rénovation comme une simple opération financière. Il parle plutôt de « soigner » les lieux. «
Quand je rentre dans un lieu, je sais tout de suite me projeter. Je sens quand il y a un lieu qui peut ou qui veut être soigné.
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Depuis son installation à Deauville, il y a sept ans, Samuel affirme avoir rénové une cinquantaine de biens dans la région. Son activité immobilière est aujourd’hui bien établie : il dirige notamment Normandie Immobiliers, société spécialisée dans l’achat, la rénovation et la revente de biens, avec une approche revendiquée comme qualitative. Il a également créé Normandie Finance, un centre de courtage installé rue Robert-Fossorier, qui lui a permis de tisser progressivement un réseau professionnel local. Et derrière cette multiplication d’activités, le même fil rouge demeure : transformer.

Deauville, une évidence devenue choix de vie
Deauville n’est pas arrivée par hasard dans l’histoire de Samuel Penalba. À 20 ans, alors qu’il commence à gagner ses premiers revenus, le jeune homme achète un petit studio dans la station. Il y vient le week-end, y trouve son sas de décompression et conserve, au fil des années, ce lien avec la ville. Puis vient le Covid. Avec son épouse, il se confine à Deauville. Et le couple finit par se poser une question : pourquoi continuer à vivre dans le tourbillon parisien quand une autre vie est possible ailleurs ? « Nous nous sommes dit : c’est maintenant ou jamais. » Depuis, Deauville est devenue leur quotidien.
Un choix qui résonne particulièrement chez cet amoureux de l’architecture. Il retrouve ici un style normand qui lui rappelle, par certains aspects, le Pays basque de son enfance : le bois, la pierre, les volumes, les détails. Et c’est justement cette attention au détail qui va l’emmener vers une nouvelle aventure.
Quand l’immobilier rencontre Café Maurice
À l’origine, l’adresse de la rue Robert-Fossorier devait d’ailleurs rester une opération immobilière. Samuel Penalba envisageait d’acheter les murs, de transformer les locaux puis de les revendre. Et puis il y a eu une rencontre. Moïse Sfez. Le fondateur d’Homer Lobster et de Janet, a créé Maurice Sfez Café en 2024. Le concept mêle influences new-yorkaises, cafés travaillés, matchas, chaïs et surtout une gaufre liégeoise devenue l’une des signatures de l’enseigne. Samuel Penalba connaît Moïse Sfez depuis longtemps. Il connaît également son univers et comprend immédiatement le potentiel du concept à Deauville. Avec son épouse, Charlotte, issue elle-même de la restauration et forte d’une longue expérience dans les achats et les réseaux de fournisseurs, il décide de franchir le pas. Le couple devient ainsi le premier licencié de Café Maurice en France, avec carte blanche pour imaginer le lieu.
Et Samuel Penalba fait alors ce qu’il sait faire le mieux : il transforme. La façade reprend les lignes arrondies que l’on retrouve à l’intérieur. Les miroirs, les banquettes, les marbres répondent aux mêmes courbes. Les matériaux, les couleurs, les détails ont été pensés comme un ensemble. Même l’odeur a été travaillée. Un diffuseur reproduit dans le lieu une fragrance inspirée de la gaufre vanillée, diffusée à différents moments de la journée. « Je vais beaucoup dans le détail », sourit-il.
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Une affaire de goût… mais surtout d’émotion
Sur la carte, Café Maurice propose les signatures de l’enseigne : cafés chauds et glacés, matchas, chaïs, smoothies, gaufres, tartines, salades, wraps et les fameux « Mac Maurice ». L’offre se veut qualitative mais accessible, avec une volonté de proposer un lieu de vie en continu plutôt qu’une simple halte pour acheter quelque chose à manger. Car là encore, Samuel Penalba ne parle pas seulement de restauration, il parle d’expérience. « L’argent est un moyen et pas un but. J’ai besoin d’être aligné avec ce que je fais chaque jour. » Il cite volontiers une création comme le café Einspänner, associant café, fleur de sel, crème florale et caramel. Peu importe finalement que l’on aime ou non : ce qui l’intéresse, c’est la sensation provoquée. « Il y a une émotion. Vous aimez ou vous n’aimez pas, mais si vous aimez… »
Sortir de sa zone de confort
Pour celui qui a passé sa vie dans le commerce et l’immobilier, ouvrir un établissement de restauration constitue pourtant un vrai saut dans l’inconnu. Il a fallu apprendre les règles d’hygiène, les contraintes d’un établissement recevant du public, les exigences de la cuisine, le fonctionnement d’une équipe en restauration. Mais, surtout, il a fallu apprendre à accepter de ne pas tout maîtriser. Pour cela, il s’est entouré de professionnels qui ont acquis sa confiance. Ce qui lui plaît dans cette nouvelle aventure c’est aussi recouvrer une relation directe avec le client. : « Une relation humaine. Je promets quelque chose et la personne le découvre immédiatement. Je vois tout de suite si c’est bon, si ce n’est pas bon. » Et cette immédiateté semble lui plaire.
À écouter Samuel, on comprend finalement que Café Maurice n’est pas une parenthèse dans son parcours mais une nouvelle manière d’exprimer ce qu’il fait depuis toujours. Observer. Comprendre. Transformer. Créer. Et rendre un lieu vivant. « J’ai besoin d’être utile dans ce que je fais. »
À 47 ans, alors qu’il pourrait se contenter de poursuivre tranquillement son activité immobilière, son métier, dit-il, celui avec lequel il veut « vieillir » Samuel Penalba choisit donc encore une fois de prendre un risque. Non pas pour changer de vie. Mais pour l’enrichir. Et peut-être aussi parce que l’entrepreneur qu’il est devenu n’a jamais vraiment renoncé à l’enfant qui rêvait d’architecture. Celui qui en regardant les bâtiments imaginait ce qu’ils pourraient devenir.
Maurice Sfez Café, 23 Rue Robert-Fossorier. Tél. : 07 62 18 57 29.
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