
Renaud Capuçon et le Festival de Pâques de Deauville (Calvados), une histoire qui dure. Encore inconnu pour la première édition, il est resté fidèle à ce rendez-vous musical du printemps deauvillais. Cette année il clôturera le Festival et la soirée promet d’être magistrale.
Le Festival de Pâques de Deauville fête ses 30 ans cette année. Quand vous regardez cette aventure comme une partition écrite sur trois décennies, quelle en est pour vous la plus belle note ?
Le plus beau de ces 30 dernières années, c’est la pérennité du festival. Elle a été gardée intacte. Les jeunes musiciens parrainés dès la première année se sont perpétués. Trois générations d’artistes s’y sont succédé. C’est extraordinaire.
Quel est votre tout premier souvenir de ce Festival, la première émotion musicale qui vous revient, comme un thème fondateur ?
Ma première émotion musicale, c’est « La Truite » de Schubert. Nous l’avions jouée pour la toute première édition. D’ailleurs un enregistrement avait été réalisé. C’est mon tout premier disque. C’était l’innocence et la candeur de jeunes musiciens jouant pour la première fois de la musique de chambre, pour le plaisir, dans un cadre enchanteur.
À lire aussi
Pourquoi Deauville a-t-elle été, dès le départ, l’écrin idéal pour faire résonner la musique classique ?
Deauville a été, dès le départ, un écrin idéal parce qu’il y avait une adéquation entre l’amitié de ceux qui y jouaient et celle avec Yves Petit de Voize et Philippe Augier, en ce qui me concerne.
Sans compter l’adéquation avec ce lieu étonnant, cette salle où il y a des chevaux quand il n’y a pas de musique, le bord de mer, la vue, le climat. C’est un endroit assez idéal.
« Le Festival a été précurseur »
Quel lien personnel entretenez-vous avec Deauville ? Est-ce une ville qui a accompagné votre parcours comme un fil mélodique ?
J’ai développé un lien personnel avec Deauville grâce, notamment, à ma relation amicale avec Philippe Augier. J’y suis revenu en dehors du Festival, pour des week-ends, pour me promener.
C’est un lieu inspirant et un fil rouge tout au long de ces dernières années puisque je suis venu pour chaque édition pendant les premières années et ensuite tous les deux ans.
Selon vous, qu’est-ce que la musique révèle de Deauville, et qu’est-ce que Deauville inspire aux musiciens ?
Cette région a beaucoup inspiré les peintres et je pense qu’elle peut aussi inspirer les musiciens, pour les mêmes raisons. Les couleurs, la beauté du site, la nature… Le fait de jouer dans une salle qui n’est pas faite pour des concerts est aussi inspirant.
Comment décririez-vous le public du Festival : plutôt mélomane averti, curieux, fidèle, ou un peu de tout cela à la fois ?
Les premières années, le public était curieux. Il y avait bien sûr des mélomanes mais au fil des années, grâce à cette programmation parfois inventive et parfois aventureuse qu’a su proposer Yves Petit de Voize, le Festival a été précurseur. Il a permis de découvrir des formations musicales, des œuvres et des répertoires différents. Maintenant, c’est un mélange de tout cela. Une partie du public vient de façon naïve pour voir un artiste ou entendre un compositeur qu’elle connaît. La curiosité est devenue une importante pour beaucoup. Et il y a toujours un public fidèle qui suit le Festival de près.
À lire aussi
La salle Élie-de-Brignac est devenue l’âme du Festival. Qu’a-t-elle de particulier dans l’acoustique, dans l’atmosphère, dans la relation avec les artistes ?
La salle Elie-de-Brignac est centrale dans ce Festival. Sans cette salle, il aurait été tout autre. Tout d’abord, il y a cette proximité avec le public. Elle donne l’impression aux musiciens comme aux spectateurs d’être entourés grâce à son côté « chaudron » et le fait qu’on y rentre par différents endroits pour entourer les musiciens. Tout cela a contribué à créer cette relation de convivialité.
« Une association de musiciens confirmés et de jeunes pousses »
Avec le recul, diriez-vous que le Festival a été une étape importante dans votre propre parcours musical ?
Avec le recul, évidemment, ce festival a été une étape très importante dans mon parcours musical parce qu’il était le premier. J’ai créé mon propre Festival à Chambéry Les rencontres de Bel-Air, au même moment. C’était pour nous tous, le début de nos carrières. Nous avions 20 ans, nous étions à l’orée de ce que seraient nos vies musicales. Nous avions plein de rêves et d’ambitions. Cette étape a été décisive parce qu’elle nous a permis de commencer à rêver en ayant un terrain de jeu pour le faire. Yves Petit de Voize nous a donné cette possibilité de programmer nous-mêmes des œuvres que nous rêvions de jouer. Et comme la radio enregistrait les concerts, cela nous a permis de nous coopter.
Si le Festival de Pâques devait être comparé à une œuvre musicale, laquelle vous viendrait à l’esprit ?
L’œuvre qui me vient spontanément, c’est Métamorphose de Richard Strauss, que nous avons jouée plusieurs fois au Festival avec des ramifications infinies et une forme musicale qui semble ne jamais cesser ni s’arrêter avec, en plus, quelque chose d’envoûtant et de rassurant. Je trouve que cela correspond bien au Festival de Pâques
Et pour les années à venir, quelle musique aimeriez-vous encore faire entendre à Deauville ?
Je souhaite que le Festival puisse conserver cet ADN extraordinaire qu’a su insuffler Yves Petit de Voize tout au long de ces 30 dernières années. Un ADN à la fois de découverte de jeunes talents, de répertoires différents. Une association de musiciens confirmés et de jeunes pousses.
J’espère que tout cela pourra perdurer et que nous continuions à entendre ces œuvres. Et que le répertoire de la musique de chambre soit vraiment défendu comme il l’a toujours été pendant ces 30 dernières années.
Voir le programme en pages Loisirs
Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.
Cette chronique se veut produite du mieux possible. Vous pouvez utiliser les coordonnées inscrites sur le site web dans l’objectif d’indiquer des précisions sur ce post qui parle du thème « ». Le site deauville-info.com vous soumet de lire ce post autour du thème « ». deauville-info.com est une plateforme numérique qui archive différentes actualités publiées sur le net dont le domaine principal est « ». Consultez notre site deauville-info.com et nos réseaux sociaux dans l’optique d’être au courant des nouvelles publications.