
Accusé d’agression sexuelle sur mineure avant d’être définitivement relaxé en 2020, le trompettiste Ibrahim Maalouf avait été écarté en août 2024 du jury du festival de Deauville en raison d’un « malaise dans l’équipe ». Il a assigné le festival en justice et lui réclame plus de 500.000 euros.
À partir de quel moment un artiste doit-il cesser de se produire sur scène ou simplement de s’exprimer? Lorsqu’il a été condamné pour des faits de nature sexuelle? Mis en examen? Ou même lorsqu’il a été accusé mais qu’il a bénéficié d’une relaxe? Le tribunal des affaires économiques et sociales de Paris (anciennement tribunal de commerce) va rendre une décision, mercredi 16 septembre, qui ne manquera pas d’alimenter le débat après plusieurs affaires d’agressions sexuelles concernant des artistes français. Elle concerne cette fois Ibrahim Maalouf.
Le trompettiste a, en effet, assigné le festival du cinéma américain de Deauville (Calvados) après avoir été écarté du jury qu’il devait présider, à l’été 2024, en raison du « malaise » que suscitait sa présence.
« La vérité de l’adolescente n’est pas partagée »
Quelques jours avant le début du festival, fin août 2024, Aude Hesbert, sa directrice, avait publiquement révélé l’éviction du musicien à cause de la « contestation très forte » qui s’était « élevée de tout horizon » quant à sa participation au jury. Selon elle, l’annonce de la présence d’Ibrahim Maalouf avait suscité des « réactions sur les réseaux sociaux et dans les médias » et un « malaise dans l’équipe » du festival, en raison d’une affaire d’agression sexuelle sur mineure visant le musicien dans le passé.
Condamné en 2018 à quatre mois de prison avec sursis et 20.000 euros d’amende pour avoir, notamment, embrassé une adolescente de 14 ans, il avait finalement été relaxé, en appel, le 8 juillet 2020. « La preuve matérielle des faits (…) n’est pas rapportée, notaient alors les magistrats dans leur arrêt. Ce qui ne signifie pas que [l’adolescente] a menti, mais que sa vérité n’est pas partagée, en l’absence d’éléments suffisamment pertinents, précis et concordants. »
Dans un communiqué diffusé à l’époque, le jazzman – lauréat de quatre Victoires de la musique – s’était satisfait de la décision: « L’adolescente a menti, ses parents l’ont crue, la presse en a parlé en gonflant l’histoire, tout le monde en a souffert et trois ans et demi plus tard, la justice a simplement fait son travail. »
Un préjudice de 500.000 euros
À l’été 2024, Aude Hesbert avait expliqué, dans les colonnes du Parisien, qu’elle ne voulait pas « se substituer à la justice », mais qu’elle avait pris la décision de retirer le musicien du jury en raison de « menaces » sur le bon déroulement de son festival. « Nous sommes un festival de cinéma américain, et les Américains sont très vigilants sur le sujet des violences sexuelles », disait-elle alors.
À l’opposé, Ibrahim Maalouf a toujours indiqué qu’il ne comprenait pas son éviction, dans la mesure où il a été relaxé par la justice. C’est la raison pour laquelle il a assigné le festival devant le tribunal des affaires économiques et sociales.
Listant les propositions de concert qu’il avait été contraint de décliner pour se rendre disponible toute la durée du festival de Deauville (Arles, Thuir, Monte-Carlo, Bruxelles, Anvers), il estime ainsi son préjudice économique à plus de 340.000 euros. Et son préjudice moral à 150.000 euros. Il réclame donc un peu plus de 500.000 euros en guise de réparation.
Après plusieurs audiences de conciliation qui n’ont abouti, c’est donc la justice qui va trancher ce débat, ce mercredi. Sa décision devrait être connue dans la journée.
Cette chronique se veut produite du mieux possible. Vous pouvez utiliser les coordonnées inscrites sur le site web dans l’objectif d’indiquer des précisions sur ce post qui parle du thème « ». Le site deauville-info.com vous soumet de lire ce post autour du thème « ». deauville-info.com est une plateforme numérique qui archive différentes actualités publiées sur le net dont le domaine principal est « ». Consultez notre site deauville-info.com et nos réseaux sociaux dans l’optique d’être au courant des nouvelles publications.