« Il y a une certaine magie à revenir ici un an après le tournage, c’est magnifique », s’enthousiasme Charles Benoin, l’un des producteurs du film Only what we carry de Jaime Adams avec Simon Pegg, Sofia Boutella, Quentin Tarantino et Charlotte Gainsbourg. Un film réunissant des Américains et des Français, créant le pont idéal pour le Festival du cinéma américain de Deauville (Calvados).
Ce film tourné en six jours ne pouvait être accueilli en avant-première européenne qu’à Deauville, le lieu qui l’a vu naître. En septembre 2025, le tournage du film s’était fait discret dans la station, même si l’information avait circulé en ville. « Il a été tourné à Deauville clandestinement car personne ne voulait que l’on sache que Tarantino était dans nos murs. On dit qu’il sortait même caché dans des voitures », avait raconté Philippe Augier, maire de Deauville, lors de la conférence presse du festival. « On est fous amoureux de Deauville et c’était aussi très pratique de tourner ici, reconnaît Liam Hellmann, producteur et acteur dans le film. C’était la seule ville où on a retrouvé ce charme ».

Du Normandy à la Maison Douce Époque
Aux côtés d’une danseuse, sa sœur, son ancien chorégraphe et l’ami de ce dernier, tous de passage à Deauville, on suit dans ce film des secrets enfouis, des amours naissants, des fantômes à soigner. Un film que le réalisateur gallois souhaitait tourner « dans un style Nouvelle Vague, sur les terres d’Éric Rohmer », avait-il raconté il y a plusieurs mois, sur son compte Instagram.

Dans son film, ces sentiments entremêlés et ces histoires se racontent à l’hôtel du Normandy ou sur la plage de Deauville, où l’on retrouve parfois un peu d’Un homme et une femme de Claude Lelouch. Mais aussi dans l’intimité de la Maison Douce Époque, à Benerville-sur-Mer, qui tient entre ses murs un huis clos d’émotions. « Deauville est vraiment un personnage du film », assure l’acteur Simon Pegg, se réjouissant de cette projection à Deauville : « C’était chouette de se dire pendant la projection que dans le public, il y avait des gens qui savaient réellement où l’on a tourné ». Un constat partagé par l’un des producteurs, Jouri Smith, qui sourit : « C’était une belle aventure ce tournage à Deauville et ce festival est vraiment parfait pour ce film car c’est un festival du cinéma américain… à Deauville ».
On ressent à quel point c’est un type de cinéma qui peut toucher la corde sensible, ici, à Deauville.

« On a créé le film pendant que la caméra tournait »
« C’était vraiment incroyable de faire un tournage en six jours », sourit Simon Pegg, séduit par cette aventure qui a laissé une grande place à l’improvisation. Sofia Boutella raconte : « C’était une expérience extraordinaire. C’était comme revenir à une école de théâtre. Il fallait être très présents et très à l’écoute, on n’avait pas beaucoup de temps pour tourner. Il fallait être réceptifs, on ne savait vraiment pas ce qui allait se passer. On a vraiment créé le film pendant que la caméra tournait ».
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